Editorial - La reconquête de l’imaginaire, mère des batailles. « La gauche est morte », écrivait déjà Michel Le Bris en... 1981, dans son livre Le paradis perdu. Il précisait que c’était là une nouvelle qui, loin de n’affecter que les militants de cette sensibilité politique, mettait en crise la société tout entière. Comment reconstruire une vision du monde dont la force d’attraction soit suffisante pour ranimer les énergies et les espoirs évanouis ? La pensée de Le Bris, mais aussi celle de deux autres auteurs, Jacques Généreux et l’Américain Stephen Duncombe, offrent pour cela des pistes intéressantes. Tous trois partagent une conviction : les progressistes resteront condamnés à l’impuissance aussi longtemps qu’ils s’obstineront à vouloir s’adresser aux citoyens non pas tels qu’ils sont - mus par des passions, des émotions, assoiffés d’idées et de fictions -, mais tels qu’ils les fantasment : parfaitement rationnels, raisonnables, motivés uniquement par des intérêts matériels - un modèle improbable auquel eux-mêmes, d’ailleurs, ne correspondent le plus souvent qu’au prix d’hypocrisies ou d’acrobaties morales inutiles. [Lire...]
Feuilles de route - Le Chevalier au spéculum. Ecrire un roman polyphonique jubilatoire, plein de rebondissements et d’émotion, autour du service de gynécologie d’un CHU de province ? C’est le pari que réussit Martin Winckler avec Le Chœur des femmes. Il y met en scène la rencontre de Franz Karma, directeur de l’unité 77, médecin contestataire et marginal, et de son nouveau stagiaire, Jean Atwood, brillant interne des hôpitaux, futur chirurgien, furieux de devoir, pour achever sa formation, passer six mois à « écouter des histoires de bonnes femmes ». Ces deux-là vont s’affronter, se pousser mutuellement dans leurs retranchements, avant de s’apprivoiser, puis de bouleverser la vie l’un de l’autre. Un livre formidable, mêlant le divertissement et l’empowerment, qui pose mille questions sur la culture médicale dominante, sur la relation médecin/patient, et dont on ressort avec une patate rare. [Lire...]
Ici, c’est ailleurs... Le site est divisé en quatre rubriques. Les éditos articulent identités et ouverture, Orient et Occident, actualité brute et bulles de rêverie, satire et nuance... Les gens de bien sont des portraits ou des rencontres avec des artistes, des intellectuels dont l’oeuvre nous touche ou nous importe, solidement ancrés dans une histoire si personnelle qu’elle touche à l’universel. Les incursions vous entraînent dans l’exploration de lieux excentrés, singuliers, incongrus ou banals, où se tisse une histoire collective. Et comme la géographie n’est jamais inerte, elles donnent aussi à entendre des témoignages de ceux qui habitent les lieux et agissent sur eux. Enfin, les feuilles de route vous proposent une bibliothèque idéale, faite de livres (films, revues, spectacles...) rares, drôles, pertinents, éblouissants, qui donnent des forces, enrichissent nos jours, changent la perspective.