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		<title>« Marianne, ta tenue n'est pas laïque ! »</title>
		<link>http://peripheries.net/article318.html</link>
		<dc:date>2008-04-20T21:29:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mona Chollet</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>Altérité</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes</dc:subject>

		<description>« Les filles voilées parlent » ? On en voit d'ici qui, au seul énoncé de ce titre, brandissent le crucifix et agitent la gousse d'ail. Autant dire « Belzébuth parle », ou « l'Etrangleur du Yorkshire parle » ! Au cours des mois qui ont précédé le vote de la loi du 15 mars 2004 interdisant le voile à l'école (hypocritement baptisée « loi sur la laïcité à l'école »), l'hystérie médiatique autour de cette question a persuadé la population entière que ces jeunes filles qui choisissaient de ne pas montrer leurs cheveux ou leurs (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://peripheries.net/IMG/arton318.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;140&quot; height=&quot;218&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;« Les filles voilées parlent » ? On en voit d'ici qui, au seul énoncé de ce titre, brandissent le crucifix et agitent la gousse d'ail. Autant dire « Belzébuth parle », ou « l'Etrangleur du Yorkshire parle » ! Au cours des mois qui ont précédé le vote de la loi du 15 mars 2004 interdisant le voile à l'école (hypocritement baptisée « loi sur la laïcité à l'école »), l'hystérie médiatique autour de cette question a persuadé la population entière que ces jeunes filles qui choisissaient de ne pas montrer leurs cheveux ou leurs oreilles, sorte de démons femelles, étaient la source de tous ses maux, et constituaient le principal problème auquel le pays était confronté - « c'est à cause de vous que tout va mal en France » revient souvent parmi les invectives qu'elles rapportent. On s'est déchiré sur le sujet, on a produit une quantité ahurissante d'arguments en faveur ou en défaveur d'une loi, mais on n'a pas jugé bon de demander leur avis aux principales intéressées. C'est à cette lacune que vient remédier le livre d'Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, qui montre l'ampleur des dégâts - absolument invisibles dans les médias - causés par la loi de 2004.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Les filles voilées parlent » ? On en voit d'ici qui, au seul énoncé de ce titre, brandissent le crucifix et agitent la gousse d'ail. Autant dire « Belzébuth parle », ou « l'Etrangleur du Yorkshire parle » ! Au cours des mois qui ont précédé le vote de la loi du 15 mars 2004 interdisant le voile à l'école (hypocritement baptisée « loi sur la laïcité à l'école »), l'hystérie médiatique autour de cette question a persuadé la population entière que ces jeunes filles qui choisissaient de ne pas montrer leurs cheveux ou leurs oreilles, sorte de démons femelles, étaient la source de tous ses maux, et constituaient le principal problème auquel le pays était confronté - « c'est à cause de vous que tout va mal en France » revient souvent parmi les invectives qu'elles rapportent. On s'est déchiré sur le sujet, on a produit une quantité ahurissante d'arguments (y compris &lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article51.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;ici même&lt;/a&gt;) en faveur ou en défaveur d'une loi, mais on n'a pas jugé bon de demander leur avis aux principales intéressées. C'est à cette lacune que vient remédier le livre d'Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian (du collectif &lt;a href=&quot;http://lmsi.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les mots sont importants&lt;/a&gt;), qui montre l'ampleur des dégâts - absolument invisibles dans les médias - causés par la loi de 2004.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/fillesvoilees.jpg' width='140' height='218' style='float: right; border-width: 0px; width:140px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_715 spip_documents spip_documents_right' /&gt;Cette confiscation de la parole a même été assumée et théorisée par les partisans de la loi : il pouvait être dangereux de les laisser parler - des fois que ces sorcières auraient le pouvoir, par leur verbe maléfique, de transformer notre belle France « laïque » en crapaud islamique. Admise dans un établissement privé après son exclusion du lycée, Zeinab, 19 ans, découvre qu'on a mis en garde ses nouveaux camarades à son sujet : « Je me suis rendu compte que le proviseur avait fait une intervention dans ma classe de terminale L pour annoncer ma venue, en disant qu'ils allaient accueillir une élève voilée qui avait une forte personnalité, et qu'ils ne devaient pas se laisser influencer. » Arrière, Satan ! Toutes les interviewées du livre disent leur impression de « parler à des murs » chaque fois qu'elles ont voulu discuter. Zahra Gammaleddyn, 15 ans, raconte ses démêlés avec un proviseur qui ne faisait que lui répéter « vous enlevez ce que vous avez sur la tête » : « On aurait dit un automate. J'aurais pu lui dire n'importe quoi, par exemple : &#8220;je me sens mal, j'ai envie de vomir&#8221;, il m'aurait répondu : &#8220;vous enlevez ce que vous avez sur la tête&#8221; ! » Mariame, 19 ans, se fait rembarrer dès qu'elle ouvre la bouche par l'assistante sociale qu'on a envoyée dans son lycée pour tenter une médiation avec les élèves voilées : « Non, toi, on m'a dit qu'on ne pouvait pas te parler, que tu étais manipulée et que tu manipulais tes camarades. »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A quoi bon discuter avec elles, en effet, puisqu'elles sont « aliénées », « conditionnées », « manipulées » par les intégristes ? L'ironie, qui apparaît de manière flagrante dans ce livre, c'est que, la France n'étant ni l'Iran ni l'Afghanistan, on avait affaire, dans l'écrasante majorité des cas, à des jeunes filles qui avaient décidé de porter le foulard au terme d'une réflexion individuelle, souvent contre l'avis de leur famille - leurs parents, partisans du « pas de vagues », étaient en outre catastrophés à l'idée de les voir hypothéquer leur avenir. S'il y avait endoctrinement et « conditionnement » dans cette histoire, c'est bien plutôt du côté de tous ceux qui devenaient fous à la seule vue de leur foulard, sur lequel ils plaquaient des fantasmes soufflés ou réactivés par l'hypnose médiatique. Les regards dans la rue, témoigne Sana, 25 ans, sont « assez changeants » : « Tantôt ça se calme, tantôt les gens nous regardent vraiment de travers, et alors on se dit : &#8220;Mais qu'est-ce qui est passé hier soir à la télé ?&#8221; On va voir les programmes de la veille, et on trouve toujours quelque chose ! La télévision fait un vrai lavage de cerveau ! » « Un jour, renchérit Karima, 29 ans, j'ai rencontré une femme qui m'a ressorti d'une traite tout ce qui se disait à la télé depuis le début de l'affaire ! C'en était comique. » Même constat chez Khadija, 21 ans, qui se rappelle les questions dont on la bombardait en 2003 : « J'avais l'impression que les gens avaient regardé un débat télévisé la veille et qu'ils se sentaient investis d'une mission : voler au secours de la première fille voilée pour lui expliquer qu'elle était aliénée et la libérer ! » Hanane, 27 ans, se souvient avec un éc&#339;urement particulier de l'automne 2003 : « Entre mes galères de boulot et les débats télé, avec des pseudo-spécialistes de l'islam et des pseudo-féministes qui mélangeaient tout, le voile, les mariages forcés et l'excision, j'ai eu une overdose ! »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;« Retourne à Téhéran ! »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A un journaliste qui lui demandait, quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, quel effet cela lui faisait de partager sa religion avec Ben Laden, Mohammed Ali avait rétorqué : « Et vous, quel effet cela vous fait-il de partager la vôtre avec Hitler ? » Difficile de déraciner la conviction que les musulmans forment un seul bloc homogène, et se définissent avant tout comme tels. « Une révolution en Iran, un conflit en Irak, une guerre civile en Algérie, des attentats à New York et à Washington ? Et voilà les caméras qui s'intéressent aux &#8220;musulmans&#8221; de l'Hexagone, avec l'idée implicite qu'ils sont tous les mêmes », écrit Thomas Deltombe en introduction à son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'islam imaginaire&lt;/i&gt; (La Découverte, 2005), analyse édifiante de trente ans de représentations médiatiques de l'islam. Systématiquement, on plaque sur les musulmans de France des situations ou des événements qui ne les concernent en rien. Malheur à la petite Française, absolument ordinaire et pacifique, que son cheminement personnel amène à décider de porter le voile... en octobre 2001 ! Elle constate vite que son entourage le prend comme une déclaration de guerre. Les formules du genre « tu sais très bien de quoi je parle », ou « arrête de te foutre de moi », voire « on sait ce que vous êtes », abondent chez les interlocuteurs des filles qui témoignent ici, comme si, pour eux, la cause était entendue : ce voile est forcément un défi, une provocation. Dans la rue ou dans le métro, entre un « pétasse » et un « sale connasse », les femmes voilées sont traitées de « filles de Ben Laden ».&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/deltombe.jpg' width='140' height='216' style='float: right; border-width: 0px; width:140px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_716 spip_documents spip_documents_right' /&gt;Elles s'entendent aussi régulièrement enjoindre de « retourner à Téhéran ». Thomas Deltombe confirme la prégnance de l'obsession iranienne : en 1979, lorsque Khomeyni accède au pouvoir, « les téléspectateurs découvrent des images insolites et un nouveau vocabulaire, écrit-il : &#8220;ayatollah&#8221;, &#8220;mollah&#8221;, &#8220;tchador&#8221;, &#8220;chiite&#8221;, &#8220;sunnite&#8221;, &#8220;charia&#8221;. Les esprits en resteront durablement marqués : à la télévision française, l'Iran khomeyniste fera office pour longtemps de décor naturel pour la religion musulmane ». Au point que dix ans plus tard, quand éclate la première affaire de foulard, à Creil, on parle de « tchadors » : « Alors que le &#8220;tchador&#8221; est la variété de foulard spécifiquement iranienne et chiite rendue obligatoire par le régime iranien au début des années 1980, la majorité des journalistes l'appliquent à une immigration massivement maghrébine et sunnite qui ne l'a jamais appelé ainsi. Cela donne au foulard une connotation &#8220;intégriste&#8221; qui renvoie directement au vocabulaire et aux images issus de la révolution iranienne de 1979. » Quand leur proviseure, relativement tolérante, demande à Mariame et à ses camarades voilées d'éviter le voile long et les couleurs sombres « parce que ça rappelle un peu trop l'Iran », elles trouvent la référence si incongrue et choquante que le lendemain, elles débarquent en « bleu blanc rouge » : « Une en bleu, une en blanc et une en rouge ! Et on restait toutes les trois côte à côte, pour que ça se remarque bien ! Les autres élèves étaient morts de rire. » La proviseure, moins.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le fantasme de la
&lt;br /&gt;« colonisation à rebours »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les images de l'Iran ou de l'Algérie semblent avoir imprégné les consciences au point de faire du foulard un objet magique, auquel on attribue le pouvoir de substituer une réalité étrangère à la réalité française. Si un simple bout de tissu déclenche une telle panique, une telle fureur, c'est parce qu'il alimente la crainte d'une « islamisation de la France » ; la crainte que « ces gens-là » subvertissent « nos » institutions et « nous » imposent leur loi. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Express&lt;/i&gt;, un dessin particulièrement nauséabond de Plantu montrait une fille voilée juchée sur un cheval de Troie derrière lequel se dissimulaient des barbus à la mine patibulaire, qui le poussaient dans l'encadrement d'un portique de pierre au fronton duquel on pouvait lire « République ». Ce fantasme - totalement irrationnel, faut-il le préciser - d'une « colonisation à rebours », autrefois fonds de commerce exclusif des Le Pen et De Villiers, est aujourd'hui accrédité et encouragé y compris par des individus se réclamant de la gauche, comme &lt;a href=&quot;http://www.inventaire-invention.com/contrepoint/chollet_ramadan.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Caroline Fourest&lt;/a&gt;, auteur d'ouvrages plus approximatifs les uns que les autres sur le péril « islamo-gauchiste ». (« Pourquoi des gens de gauche se sont-ils sentis &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;visés&lt;/i&gt; par les Indigènes [&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de la République&lt;/i&gt;] ? Parce qu'ils ne sont pas de gauche, mon frère ! », lance en riant Hanane dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les filles voilées parlent&lt;/i&gt;.) Ajoutez-y les convulsions de la pythie iranienne de service, Chahdortt Djavann, l'auteur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bas les voiles !&lt;/i&gt;, à qui des journalistes tendent leur micro avec délectation afin qu'elle répète encore que les hommes musulmans sont des ogres assoiffés du sang de jeunes vierges, des oppresseurs pervers et pédophiles, et vous aurez persuadé l'opinion que la France est en état de siège et qu'elle doit se défendre ; que la gravité de la situation nécessite des mesures exceptionnelles - et tant pis pour les dégâts collatéraux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les « dégâts collatéraux », ce sont elles, justement. Les lycéennes qui racontent les démêlés épuisants avec le corps enseignant, la scolarité perturbée, les nuits à pleurer, les dévoilements humiliants à l'entrée de l'établissement sous la supervision d'un proviseur sarcastique - « vous voyez, ce n'est pas si compliqué », lance le sien à Fatima la première fois qu'elle s'y plie - et les regards curieux de leurs camarades, les relégations dans des salles à part - parfois fermées à clé ! -, la violence des procédures d'exclusion. Ce sont des trajectoires personnelles entravées ou compromises : après l'oral de rattrapage du bac, Mona Bachare, 20 ans, découvre que l'examinateur de mathématiques - à qui elle avait par ailleurs demandé s'il souhaitait qu'elle retire son foulard pour passer l'épreuve, et qui avait répondu par la négative - a proposé à tous ses camarades une note, en leur demandant si cela suffisait à rattraper leurs points ; mais pas à elle... Elle échoue de justesse ; le proviseur lui ayant expliqué qu'une plainte pour traitement différentiel n'avait aucune chance d'aboutir, elle se résigne à refaire une année de terminale. Mais elle retombe sur le même examinateur l'année suivante, et le même scénario se répète. Sa plainte pour discrimination n'a jamais abouti : deux années de perdues... Mêmes déboires pour Habiba, qui voit la validation de son inscription à l'université de Saint-Denis - où la loi ne s'applique pourtant pas - bloquée pendant des mois, malgré les lettres et les pétitions de soutien, parce qu'une secrétaire fait une allergie au foulard et se barricade dans son bureau à son approche. Elle finit par abandonner ses études d'histoire : « Tout le monde me connaissait, je n'étais pas une étudiante comme les autres, j'avais l'impression que tous mes faits et gestes étaient surveillés. »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;« Arrêtez avec vos larmes de crocodile »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les dégâts collatéraux, c'est Sarah, 20 ans, soustraite à son foyer à la suite de graves problèmes familiaux par une juge pour enfants, et qui s'y voit renvoyée par cette même juge après qu'elle s'est mise à porter le foulard : « Elle a déclaré que la &#8220;République&#8221; m'avait soustraite à ma famille &#8220;et à sa religion&#8221; pour &#8220;m'en protéger&#8221;, pas pour que je vienne porter un voile qui incite d'autres filles à le porter. » Alors qu'à aucun moment les problèmes qu'elle avait eus n'avaient été causés par sa religion ! Les « dégâts collatéraux », ce sont les quelques filles que leur famille forçait à porter le voile, et qui ont disparu dans la nature après le vote de la loi : bonnes pour le mariage et l'enfermement domestique. Ce sont les femmes harcelées sur leur lieu de travail, interdites de sortie scolaire avec leur enfant, prises à partie et même frappées dans la rue, renvoyées dans leurs foyers, recalées à l'entrée d'une filière professionnelle ou aux entretiens d'embauche. Bref, les exemples abondent, dans ces pages, de gestes de résistance héroïques de modestes citoyens français face à l'envahisseur islamique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« M'agresser est quasiment vécu par l'agresseur comme de la légitime défense », observe Malika Latrèche, l'une des coordinatrices du livre, qui porte elle-même le voile. Désigner les fidèles d'une religion comme boucs émissaires des problèmes d'une société ; les accuser de miner cette dernière de l'intérieur ; leur dénier leur humanité et leur individualité pour les réduire à un stéréotype menaçant... On aurait pu espérer qu'une nation qui glose à longueur d'année sur le « devoir de mémoire » saurait s'abstenir de s'aventurer sur un terrain aussi glissant ; c'est raté. Le système est si bien clos que les filles voilées, quoi qu'elles puissent faire, confortent les soupçons qui pèsent sur elles. Si, exaspérées par l'arbitraire, la mauvaise foi, le racisme ouvert ou larvé, les injustices, elles s'énervent, elles confirment par là leur nature violente et fanatique. Si elles pleurent, cela ne saurait être parce qu'elles souffrent - elles ne sont pas humaines, on vous dit - : c'est parce qu'elles cherchent à vous attendrir pour mieux vous duper. Quand, dans le train qui les ramène de la Marche mondiale des femmes à Marseille, en mai 2005, Ndella veut s'asseoir à côté d'une militante de Femmes solidaires, groupe avec lequel les accrochages se sont déjà multipliés tout au long de la manifestation, et que celle-ci le lui interdit brutalement, la faisant fondre en larmes, une représentante des Verts lui enjoint d'« arrêter avec ses larmes de crocodile ». Mais soyons juste : il y a des exceptions, heureusement, à cette inflexibilité qui rappelle les pires endoctrinements. Une prof d'histoire confie ainsi à Mariame, à propos d'une de ses camarades également voilée : « Auparavant, j'avais une position très stricte sur le voile, mais le jour où j'ai vu Hafssa enlever son voile, en pleurs, les yeux tout rouges, je me suis remise en question. »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;« Mais toi aussi, tu m'imposes
&lt;br /&gt;ta coupe de cheveux toute bizarre,
&lt;br /&gt;style &#8220;L'Affaire Louis Trio&#8221; ! »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On prend toutefois la mesure de l'idéologie et de l'aveuglement qui prédominent sur cette question quand des professeurs sont capables de lancer à une gamine dont ils viennent de prononcer l'exclusion : « On essaie de t'aider »... Tout aussi à côté de la plaque, la proviseure qui dit à Mariame : « Tu sais, si tu es opprimée, on peut t'aider » ; ou la militante féministe qui explique à Ndella que sa fille a été violée par son père, et que, quand elle voit son voile, « elle voit l'inceste »... Beaucoup d'interviewées racontent l'étonnement que suscite chez leurs professeurs tout élément qui ne cadre pas avec leurs préjugés : par exemple, quand Nawel, 18 ans, est défendue lors d'une réunion par sa s&#339;ur aînée, qui porte un débardeur - ce qui compromet quelque peu l'hypothèse selon laquelle son voile lui est imposé par un père ou un frère. Agathe-Chamous Larisse, 32 ans, refuse avec énergie qu'on décide à sa place du sens de sa tenue : « Le premier sens que revêt un vêtement, c'est celui que lui donne &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la personne qui le porte&lt;/i&gt; ! Il est extrêmement arrogant de l'étiqueter d'emblée négativement, en se fondant uniquement &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sur son propre imaginaire&lt;/i&gt;. » A un camarade de fac qui lui reproche d'« imposer son choix aux autres », Leila, 26 ans, réplique - elle le raconte en pouffant de rire : « Mais toi aussi, tu m'imposes ta coupe de cheveux toute bizarre, style &#8220;L'Affaire Louis Trio&#8221; ! Moi, c'est cette coupe de cheveux qui m'agresse ! » Elle ajoute que, par ailleurs, elle ne demande à personne de s'habiller comme elle, mais qu'elle refuse de « retirer une partie d'elle-même ».&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces filles n'en peuvent plus qu'on leur répète qu'elles doivent renoncer à leur voile par respect pour les femmes qui, dans d'autres pays, se battent pour avoir le droit de l'enlever : « Ils oublient de dire qu'il y a d'autres pays où tout le monde est libre soit de mettre un voile, soit de ne pas le mettre », lance Zeinab avec bon sens. « Injurier, violenter, punir une femme sous prétexte qu'elle ne porte pas le voile, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;et&lt;/i&gt; injurier, violenter, punir une femme sous prétexte qu'elle le porte, c'est une seule et même violence », écrivent les coordinateurs du livre dans leur épilogue. Ismahane : « Ce n'est pas le voile qui est l'oppression, c'est la contrainte. » Aux féministes qui contestent son choix, Karima soumet une comparaison plutôt convaincante : « Les prostituées sur les boulevards des Maréchaux sont forcées par leur mac à mettre une minijupe et à se maquiller, donc toi, en te maquillant, tu es en train de cautionner ce genre d'oppression ? »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;« Tu sais, je suis pied-noir,
&lt;br /&gt;donc je connais le bled... »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il est inepte de brandir le spectre d'une France islamisée - sauf pour renflouer les caisses d'une presse bien mal en point (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='(1) En juin 2007, Laurent Joffrin, interrogé par 20 Minutes sur sa stratégie (...)' &gt;1&lt;/a&gt;) -, il n'en reste pas moins que la phobie du voile témoigne d'un refus d'admettre ce qui constitue bel et bien une réalité nouvelle : l'existence de citoyens français de confession musulmane, qui n'entendent plus raser les murs comme l'ont fait leurs parents ; ce qui compromet le rêve de certains d'une France éternellement blanche et chrétienne - pardon, « laïque ». Ainsi, une infirmière scolaire explique à Jihene que son bandana « pose problème » parce qu'il reste « très significatif », et lui demande de trouver un foulard « qui ne fasse pas oriental »... Toutes les réflexions rapportées dans ce livre, de « quand on est en visite dans un pays, on se plie à ses coutumes » ou « si on n'aime pas les lois d'un pays, on va ailleurs », à « habillez-vous comme les Français », en passant par « vous devez avoir une tenue normale », témoignent d'une résistance obstinée à l'idée que ces filles sont chez elles, et qu'elles participent désormais à la définition de l'identité française - sans que cela signifie pour autant qu'elles la redéfinissent entièrement ! « Il faut qu'ils acceptent que la France a changé, qu'il y a maintenant des millions de musulmans, et que ce n'est pas en nous diabolisant qu'on va construire un avenir », dit Habiba. De guerre lasse, désespérant de pouvoir mener une vie normale dans leur pays natal, certains se mettent à émigrer, signale Karima : « Curieusement, dans les pays où ils arrivent, on les identifie comme &#8220;français&#8221; ! Bizarre, non ? » Mariame, consciente de modifier le paysage, et comprenant que ses compatriotes, surtout les plus âgés, aient du mal à s'y faire, raconte que les retraités qu'elle croise la dévisagent « comme si elle était une femme à barbe » : « Alors je leur souris, et je chantonne des chansons de cirque ! »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nombre de fois où ces filles s'entendent reprocher leur « insolence » témoigne des difficultés de certains à admettre que des descendants d'immigrés récents leur parlent d'égal à égal. C'est peu dire qu'ils n'y sont pas habitués ; Mariame, affligée, voit ainsi sa prof de maths lui offrir sa médiation en ces termes : « Tu sais, je suis pied-noir, donc je connais le bled... » La façon dont ces jeunes filles perçoivent le discours de Hanifa Cherifi, la médiatrice de la République dans les affaires de voile, témoigne de leur changement d'attitude par rapport à leurs aînés, adeptes du profil bas. Hanane a eu affaire à elle au lycée : « Elle a commencé à nous raconter sa vie. En gros : &#8220;Je suis musulmane, j'ai un bon taf, j'ai fait ma place, je fais le ramadan mais je ne le dis pas, je ne bois pas d'alcool mais je ne le dis pas, parfois je commande même un truc et discrètement, je ne le bois pas.&#8221; Un discours de dingue, qui m'a fait rigoler ! » Elle se demande par ailleurs si le succès du mouvement de défense des élèves sans papiers, alors que personne n'a bougé pour défendre les élèves exclues après le vote de la loi sur le voile, ne tient pas au fait que les sans-papiers, étrangers, « hyper-précaires, hyper-vulnérables, qui connaissent mal la France », offrent davantage de prise au paternalisme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;« Mettez des jupes plus courtes »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lamia raconte qu'après le vote de la loi, son proviseur avait lancé à l'une de ses camarades voilées : « L'année prochaine, je pourrai savoir si tu es blonde ou brune ! » Elle n'avait pas trouvé ça drôle. La fréquence des remarques de ce genre - « tu es beaucoup plus belle sans » - donne à penser que Noël Burch n'a pas tort &lt;a href=&quot;http://lmsi.net/spip.php?article743&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;quand il écrit&lt;/a&gt; que le véritable crime dont se rendent coupables les filles voilées, c'est « une infraction, consciente ou inconsciente, aux codes de la séduction qui règnent dans notre société et qui sont la projection vestimentaire de l'idéologie du libertinage », considéré comme un élément du patrimoine culturel français. Sa proviseur lance même à Mariame : « Tu reviens la semaine prochaine sans ton voile, et tu me feras le plaisir de porter un jean ! » Hanane, qui a été acceptée comme surveillante dans un lycée de Saint-Denis, s'y rend avec un simple bandeau, mais se fait convoquer par sa supérieure ; celle-ci lui reproche de porter une robe longue, ce qui pourrait « susciter l'ambiguïté dans la tête des élèves » : « Mettez des jupes plus courtes, ou un pantalon... » Les coordinateurs du livre rappellent opportunément qu'un des plus célèbres slogans féministes, c'est : « Mon corps m'appartient » ! Mais les féministes françaises « historiques » reconnaissent parfois elles-mêmes que dans ce pays, quand elles clament « mon corps m'appartient », certains hommes ont une fâcheuse tendance à entendre « chouette, leur corps nous appartient »...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien souvent, on reproche aux filles voilées leur « insolence » parce que la mauvaise foi de leurs interlocuteurs, mal à l'aise avec leur propre obsession islamophobe, la bêtise et l'ignorance auxquelles elles sont confrontées, l'absurdité intenable que représente l'interdiction du voile à l'école, les exigences ubuesques de leur proviseur, finissent par virer au cocasse, et les font éclater de rire. S'il ne relatait pas des situations aussi révoltantes et douloureuses, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les filles voilées parlent&lt;/i&gt; serait- comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'islam imaginaire&lt;/i&gt;, d'ailleurs - une lecture franchement comique. Ainsi, suite à une erreur lors de son inscription sur les listes d'appel du lycée, ses professeurs appellent Mariame « Marianne » (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='(2) Dans Fraise et Chocolat 2, la bande dessinée érotique d'Aurélia Aurita (...)' &gt;2&lt;/a&gt;), ce qui lui vaut d'entendre retentir dans les couloirs un sonore : « Marianne, ta tenue n'est pas laïque ! » En outre, on s'aperçoit ici que la loi de 2004, et la vision déjà dévoyée de la laïcité qui l'a inspirée, font l'objet d'interprétations pour le moins fantaisistes au sein de la population : Leila, victime d'une agression particulièrement ignoble dans le métro (« j'avais l'impression d'un lynchage verbal »), s'entend dire : « Tu sais ce que c'est, une république ? C'est un pays athée ! » Parce qu'elle a demandé un jour de congé pour l'Aïd, Cherazade a droit à un « speech sur la laïcité » de la part de son employeuse. Malika Latrèche se fait invectiver et frapper à la caisse d'un grand magasin d'ameublement par une femme qui hurle : « Elle n'a pas le droit d'entrer à Ikea avec son voile ! Il y a une loi contre le voile ! »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment reconnaître un foulard musulman ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand elles ne se font pas agresser, les filles voilées croulent sous les marques d'une sollicitude douteuse. Ont-elles bien mesuré à quel point le foulard était dangereux ? Savent-elles qu'elles risquent de s'étrangler en faisant de la gym ? Que le tissu peut se prendre dans les rayons de leur bicyclette ? S'enflammer en cours de chimie ? Qu'il n'est pas hygiénique ? Et puis, n'ont-elles pas trop chaud en été ? On se souvient en effet qu'en 2003, alors que la canicule faisait des victimes par dizaines de milliers chez les personnes âgées, il y avait encore eu de bonnes âmes pour se préoccuper du bien-être des femmes voilées (dans un courrier des lecteurs publié par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libération&lt;/i&gt;, notamment). A son travail, Nadjer, 36 ans, a fini par se fabriquer un écriteau : « Je n'ai pas chaud, merci. »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Curieusement, le foulard non-musulman ne semble pas poser de problèmes pratiques aussi insurmontables. Les interviewées constatent que leurs camarades moins basanées, ou portant un nom moins connoté, peuvent en toute tranquillité s'entourer la tête d'un bout de tissu, alors qu'elles-mêmes se font courser dans les couloirs par tout le corps enseignant. « Dans le règlement intérieur, ils avaient écrit &#8220;interdiction de tout couvre-chef&#8221;, mais en fait c'était : &#8220;couvre-chef interdit aux musulmanes&#8221; », s'insurge Lamia. Mariame, qui porte un simple bandana au lycée et un voile à l'extérieur, raconte comment une prof, après l'avoir un jour croisée dans la rue avec son voile, lui refuse ensuite l'entrée de son cours si elle garde son bandana : « C'était pourtant le même bandana que la veille ! » Leila, abasourdie, s'entend dire par sa directrice : « Ma nièce Camille porte souvent ce genre de foulard sur la tête, mais vous, justement, vous vous appelez Leila et pas Camille, et vous n'êtes pas blonde aux yeux bleus. » Luc Ferry, ministre de l'éducation au moment du vote de la loi, s'était ridiculisé en s'empêtrant dans ses explications sur l'art de distinguer une « barbe musulmane » d'une « barbe non-musulmane » ; sauf que la distinction entre le « foulard musulman » et le « foulard non-musulman » n'est guère plus évidente... Certains camarades de filles voilées, indignés de la façon dont on les traitait, ont d'ailleurs manifesté leur solidarité en arrivant tous avec un bandana sur la tête.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La loi légitime l'idée
&lt;br /&gt;que l'exercice par un individu
&lt;br /&gt;de sa citoyenneté et de ses droits
&lt;br /&gt;peut être subordonné à la conformité
&lt;br /&gt;de ses convictions intimes&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce qu'elles portent le voile, ces filles sont suspectées d'être antiféministes, soumises, hostiles aux hommes, coincées, homophobes, et on en passe. Leila raconte que quand elle traverse le Marais, le quartier gay de Paris, « les couples de mecs font exprès de se rouler une pelle sous [ses] yeux » quand ils la croisent, pensant la choquer. Quasiment toutes celles qui parlent ici démentent avec éclat ces préjugés. Elles font preuve d'une indépendance d'esprit, d'une énergie et d'une force de caractère que l'on chercherait en vain chez beaucoup de femmes non-voilées, et on souhaite de tout c&#339;ur bonne chance aux hommes qui se mettraient en tête de les soumettre - l'une d'elles clame bien : « et si ça me plaît, à moi, d'être soumise ? », mais elle parle uniquement de soumission à Dieu... Sana, lorsqu'on lui refuse l'inscription en sport à la fac, s'achète crânement un ballon de basket, et va « jouer avec les gars de la cité universitaire ».&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres, en revanche, laissent deviner une mentalité moins ouverte. Bon. Et alors ? Est-ce que cela justifie qu'on les exclue de l'école publique ? De la communauté nationale ? A-t-on pris la mesure du précédent terrifiant créé par cette loi ? Non seulement elle légitime l'idée que l'exercice par un individu de sa citoyenneté et de ses droits peut être subordonné à la conformité de ses convictions intimes, mais elle instaure un régime de double standard : les non-musulmans sont tous présumés ouverts, féministes tolérants, libérés - ce qui est très loin d'être le cas ! -, tandis que les musulmans, présumés être tout le contraire, doivent se soumettre à des interrogatoires incroyablement inquisiteurs, et garantir la parfaite transparence de leur personne tant morale que physique. Si elle est musulmane, une patiente n'a pas le droit de préférer être examinée par une femme ; une adolescente n'a pas le droit d'avoir des réticences à se déshabiller dans le même vestiaire que les garçons en cours d'éducation physique ; elle n'est pas libre de s'habiller comme elle le souhaite ; elle doit accepter de rendre des comptes sur ses croyances personnelles au premier venu, alors qu'elle a parfois du mal à en parler avec ses proches amis...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;« C'est bien la première fois que je vois cela :
&lt;br /&gt;une loi qui ne sert pas à régler un problème,
&lt;br /&gt;mais à en créer ou à en rajouter »&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la caisse d'un supermarché, Jihene se voit sommée par un inconnu de déballer toute sa vie : « Vous êtes étudiante ? Vous êtes mariée ? Vous êtes étrangère ? » Nathalie, convertie à l'islam, fait partie des mères que l'on refuse comme accompagnatrices scolaires à cause de leur voile ; comme l'inspectrice d'académie justifie cette discrimination en arguant que les parents « ont un rôle pédagogique », elle lui demande aussi sec « de veiller dorénavant à ce que les capacités pédagogiques de tous les parents encadrant les sorties scolaires soient effectivement évaluées ». Quant à Leila, qui travaille à la protection de l'enfance, une de ses collègues lui déclare que, quand elles reçoivent une femme voilée, elles doivent automatiquement « se demander s'il n'y a pas une oppression du mari » : « Ça m'a choquée, dit-elle, parce que dans notre métier, on doit se poser cette question &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pour n'importe quelle femme&lt;/i&gt;, pas seulement pour les voilées. (...) Ça aussi, c'est un préjugé : je le vois sur mon lieu de travail, les femmes battues d'origine maghrébine sont loin d'être la majorité. Ce n'est pas une histoire de voile ou d'islam, c'est le rapport hommes-femmes qui est un rapport de domination. »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« C'est bien la première fois de ma vie que je vois cela : une loi qui ne sert pas à régler un problème, mais à en créer ou à en rajouter », commente-t-elle amèrement. La théorie du choc des civilisations, on le sait, appartient à la catégorie des « prophéties autoréalisatrices » ; de même, les auteurs du livre soulignent à plusieurs reprises la dimension « performative » de la loi sur le voile, qui a créé la situation à laquelle elle prétendait remédier. On tenait pour acquis que, par leur voile, ces filles manifestaient une défiance à l'égard de la République et de ses lois, alors qu'elles étaient au contraire très enracinées dans la société française, et ne demandaient pas mieux que d'y participer pleinement. Résultat : le rejet et les avanies qu'elles ont subis ont créé cette défiance de toute pièce, au point que certaines s'interrogent aujourd'hui sur les possibilités d'un avenir en France pour elles et pour leurs enfants. On supposait que ces filles avaient une conception traditionnelle et rétrograde du rôle de la femme, qu'elles voyaient leur avenir au foyer et sous la coupe d'un mari. Résultat : la loi, en compromettant leurs études et leur vie professionnelle, les rend de fait plus dépendantes de leur compagnon. On voyait dans leur foulard un signe de communautarisme : ce n'était pas le cas, mais, à force de s'en prendre plein la gueule, elles en sont parfois venues à anticiper les rebuffades - comme Hanane, qui n'ose plus demander son chemin dans la rue depuis qu'on lui a un jour répondu « dégage ! » - et à se replier effectivement sur leur communauté. « Les hommes politiques passent leur temps à dénoncer le communautarisme, mais ce sont eux qui le créent à force de nous stigmatiser », lance Leila.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La plupart disent pourtant leur intention de tenir bon. L'entre-soi les laisse sur leur faim : les rencontres et les luttes en commun, dit Hanane, permettent de « casser des trucs simplistes côté rebeu, du genre : &#8220;complot contre l'islam&#8221;, &#8220;les Occidentaux ne nous aiment pas parce que nous sommes musulmans&#8221;... » Et Ismahane : « Je ne supporterais pas de vivre repliée sur un cocon familial, ou sur une communauté ethnique ou religieuse : je le vivrais comme une asphyxie ! Je préfère sortir et prendre des coups que rester enfermée ! »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mona Chollet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;(&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot;&gt;1&lt;/a&gt;) En juin 2007, Laurent Joffrin, interrogé &lt;a href=&quot;http://www.20minutes.fr/article/167246/Media-Les-gens-m-arretent-dans-la-rue-pour-me-dire-que-Libe-est-beaucoup-mieux-qu-avant.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; sur sa stratégie pour faire revenir les annonceurs dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libération&lt;/i&gt;, répondait : « Nous referons par exemple un partenariat avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; sur l'islam à la rentrée. »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;(&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot;&gt;2&lt;/a&gt;) Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fraise et Chocolat 2&lt;/i&gt;, la bande dessinée érotique d'Aurélia Aurita (Les Impressions nouvelles, 2007), l'héroïne, Chenda, d'origine chinoise et khmère, se souvient de son arrivée à l'école primaire française : une autre petite fille, qui l'avait prise sous son aile, avait décrété que son prénom était vraiment trop difficile à retenir, et l'avait rebaptisée « Jeanne d'Arc » !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, &lt;b&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les filles voilées parlent&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, La Fabrique, 2008.&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Sacrées espèces &lt;/br&gt;et menteurs menacés</title>
		<link>http://peripheries.net/article316.html</link>
		<dc:date>2008-03-16T16:49:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>Travail / Chômage</dc:subject>

		<description>Du kaki dans les yeux, des emmerdes plein la tête, extinction programmée. Des semaines durant, à Bogny-sur-Meuse, dans une cuvette au fin fond des Ardennes, une centaine d'ouvriers, parfois en tenue de camouflage, traquent leur dignité, leur honneur ou leur fierté, chapardés par un patron-braconnier. Le trou tombe en ruines. La mécanique du piège s'avère grossière : en promettant la main sur le c&#339;ur de les soigner, le viandard arrache les bêtes exténuées à la barre du tribunal de commerce ; il les dépèce (vente des (...)

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&lt;a href="http://peripheries.net/mot8.html" rel="tag"&gt;Travail / Chômage&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://peripheries.net/IMG/arton316.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;250&quot; height=&quot;167&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Du kaki dans les yeux, des emmerdes plein la tête, extinction programmée. Des semaines durant, à &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Bogny-sur-Meuse&lt;/strong&gt;, dans une cuvette au fin fond des Ardennes, une centaine d'ouvriers, parfois en tenue de camouflage, traquent leur dignité, leur honneur ou leur fierté, chapardés par un patron-braconnier. Le trou tombe en ruines. La mécanique du piège s'avère grossière : en promettant la main sur le c&#339;ur de les soigner, le viandard arrache les bêtes exténuées à la barre du tribunal de commerce ; il les dépèce (vente des stocks, des bâtiments, des terrains et des rebuts, transformation des machines en ferraille) et, avec la plus-value réalisée, se paie grassement, s'achète un meilleur couteau et repart fureter dans les sous-bois des vallées ardennaises. Les licenciés en puissance, les vivants en sursis ont le mauvais goût d'arguer que le braconnier avait la cote dans la grande famille, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;chez les consanguins de l'UIMM et du MEDEF&lt;/strong&gt;. Et réclament aux organisations patronales une indemnité de 50.000 euros par personne. Scandale dans le scandale. Ce ne sont pas deux histoires ; ceci est un carambolage.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/pytko3.jpg' width='450' height='294' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_705 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Du kaki dans les yeux, des emmerdes plein la tête. Depuis des semaines, à Bogny-sur-Meuse, dans une cuvette au fin fond des Ardennes, une centaine d'ouvriers, parfois en tenue de camouflage, traquent leur dignité, leur honneur ou leur fierté, chapardés par un patron-braconnier. Le trou tombe en ruines ou - ça va plus vite - part en fumée. La mécanique du piège s'avère grossière : en promettant la main sur le c&#339;ur de les soigner, le viandard arrache les bêtes exténuées à la barre du tribunal de commerce ; il les dépèce (vente des stocks, des bâtiments, des terrains et des rebuts, transformation des machines en ferraille) et, avec la plus-value réalisée, se paie grassement, s'achète un meilleur couteau et repart fureter dans les sous-bois des vallées ardennaises. Des fois, pour le féliciter de son courage, de son zèle ou de son dévouement, les autorités locales le couvrent de cadeaux ; à force, il se constitue un modèle réduit d'empire. Le rapace règne, il est le roi du boulon, dans la bourgade même où, au milieu du XIXe siècle, la production industrielle de boulons a été inventée. C'est qui, le patron ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le capital comme dans la capitale, c'est peut-être bien la guerre, c'est en tout cas du grand spectacle. Après avoir tergiversé pendant des mois, Laurence Parisot, la présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), pilonne le bunker où est retranchée la « vieille garde » de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), sa principale fédération... Qui le lui rend bien en minant la route du triomphe vers un patronat hyper-moderne, en froufrous roses et à la fraise tagada, voluptueux et totalitaire. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'entreprise, c'est la vie&lt;/i&gt;, c'est tout, et d'abord l'inverse, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les Ardennes, ça se gâte : l'empire s'est écroulé, l'argile l'a englouti. Sur place, les licenciés en puissance, les vivants en sursis ont le mauvais goût d'arguer que le braconnier avait la cote dans la grande famille, chez les consanguins de l'UIMM et du MEDEF. Et réclament aux organisations patronales une indemnité de 50.000 euros par personne. Scandale dans le scandale. Ce ne sont pas deux histoires ; ceci est un carambolage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/pytko1.jpg' width='450' height='300' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_703 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Se faire baiser par l'avant-garde.&lt;/strong&gt; Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libération&lt;/i&gt; du 13 mars 2008, le romancier français Eric Reinhardt rencontre la patronne des patrons français, Laurence Parisot. Les questions sont parfois plus longues que les réponses - c'est touchant -, mais le tout provient au fond du même tonneau. « Vous dites qu'il faut &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;sortir de la culture du conflit et de la suspicion&#8221;&lt;/i&gt;, et que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;les parties autour de la table doivent cesser de douter mutuellement des bonnes intentions des autres&#8221;&lt;/i&gt;, lance Reinhardt. Vous avez raison, là se trouve le problème : la confiance. Il est important que les salariés n'aient pas le sentiment de se faire baiser par le MEDEF, et que le MEDEF n'ait pas le sentiment de parler avec des individus archaïques qui ne comprennent pas le monde dans lequel ils vivent. C'est un enjeu fondamental pour les années qui viennent, où nous serons conduits à réformer tous ensemble. » Et plus loin, Parisot jubile : « Je suis sûre qu'un jour le mot MEDEF sera synonyme d'avant-garde aux yeux du plus grand nombre. »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/UIMM3.jpg' width='149' height='210' style='float: left; border-width: 0px; width:149px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_702 spip_documents spip_documents_left' /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des renseignements absolument complets.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur le directeur,
&lt;br /&gt;Nous vous prions de bien vouloir trouver ci-joint le questionnaire relatif aux effectifs occupés dans votre établissement au 31 décembre 2007.
&lt;br /&gt;Ce questionnaire doit permettre à l'UIMM de posséder, sur les effectifs de main-d'&#339;uvre employée dans les entreprises selon les diverses catégories professionnelles, des renseignements absolument complets.
&lt;br /&gt;Nous attirons spécialement votre attention sur la nécessité de répondre rapidement à cette enquête, en nous faisant retour du questionnaire dans l'enveloppe ci-jointe au plus tard pour le mercredi 30 janvier 2008. &lt;br /&gt;Comptant sur votre diligence et vous en remerciant à l'avance, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de nos salutations distinguées.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Le Secrétaire Général&lt;/div&gt;&lt;/i&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Moins que zéro.&lt;/strong&gt; Avant la liquidation judiciaire, le patron n'a pas eu le loisir de remplir ses obligations syndicales à l'UIMM. Montrons-nous coopératifs : au 31 décembre 2007, le conglomérat de petites usines métallurgiques à Bogny-sur-Meuse (Lenoir-et-Mernier, LCAB, Gérard-Bertrand, Dauvin) et à Gespunsart (Jayot), rachetées à prix cassés en quelques années, faisait travailler 140 personnes (une petite vingtaine de salariés ayant été licenciés dès l'automne) ; au 7 février 2008, lorsque la mise à mort a été prononcée par le tribunal de commerce, l'effectif a été réduit à zéro. Néantisé ni vu ni connu - pas plus de détail sur les suites, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sorry boss&lt;/i&gt;. Très cordial adieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Répétitif.&lt;/strong&gt; Ils sont allés au tribunal de commerce ; ils sont allés à la préfecture des Ardennes ; ils sont allés à la gare où passent les TGV (et sur les voies de chemins de fer pendant quelques heures) ; ils sont allés sur des ronds-points dans des zones commerciales ; ils sont allés sur les carrefours à l'entrée de Charleville ou à celle de Mézières ; ils sont allés sur la rocade où la vitesse est limitée à 50 km/h ; ils sont allés à l'UIMM ; ils sont allés au MEDEF ; ils sont allés à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), avec la CGPME juste à côté ; ils sont allés au Conseil général ; ils sont allés devant les assises, ravalées en prévision des descentes de la presse nationale pour le procès d'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;serial killer&lt;/i&gt; de fillettes ; une poignée d'entre eux sont allés au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi à Paris ; ils sont allés et revenus de tout.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/pytko4.jpg' width='450' height='300' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_706 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont écrit un « J'accuse » ; ils ont écrit une ode à la nuit tombée (« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les Ardennes profondes / Au c&#339;ur de nos vallées / Se propagent comme une onde / Nos chères usines fermées / Triste destin de vies / Au travail arrachées / Tristesse d'un pays / Qui se sent oublié...&lt;/i&gt; ») ; ils ont écrit des tracts (« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Assez de discours... DES ACTES ! Les patrons de la métallurgie font bloc pour un des leurs, faites bloc pour plusieurs des vôtres&lt;/i&gt; ») ; avec des pincettes ou parfois des salamalecs, ils ont écrit des lettres aux pouvoirs publics, au patronat local et national, à Nicolas Sarkozy (« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci, monsieur le président, est un cri d'alarme, un cri de désespoir, un appel a l'aide afin de redonner à chacun l'envie de travailler ensemble dans des industries honnêtes, sans avoir ce sentiment de généraliser ce qui doit rester comme une faute de gestion exceptionnelle. Je vous prie de croire Monsieur le président à l'expression de ma plus haute considération&lt;/i&gt; »). Ils ont écrit, puis quoi encore ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont montré aux visiteurs les beaux boulons qu'ils fabriquaient, leurs ateliers et leurs machines ; ils ont brûlé des montagnes de pneus - à la grande joie des garagistes, trop heureux de se débarrasser de ces ordures à bon compte ; ils ont pleuré dans leur fumée noire ou dans celle, blanche, des gaz lacrymogènes ; ils ont toussé, craché ; après un procès en place publique, ils ont également mis le feu à un pantin figurant leur patron ; ils ont rigolé en voyant la marionnette se décomposer sous les flammes, sauf les paluches, intactes, toujours crispées sur des billets factices de 500 euros - « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ah, regardez-le, comme il tient à son fric&lt;/i&gt; » ; ils ont jeté un carton d'&#339;ufs sur la façade du siège du patronat ardennais ; ils ont lampé du café qu'on leur offrait comme ils étaient sages et qu'ils ne faisaient pas trop de bruit à l'intérieur de la CCI ; dans la cour d'une de leurs usines, ils ont mangé toute sorte de viandes au barbecue et, après, avalé des crêpes au sucre ; ils ont menacé de déverser de l'acide chlorhydrique dans les égouts, non loin de la Meuse, mais un sénateur belge libéral, bourgmestre de Dinant, arrivé une heure avant la fin de l'ultimatum, les a convaincus de renvoyer leur pollution à plus tard, et si possible, à jamais.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/pytko6.jpg' width='450' height='300' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_708 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils attendent, tendus : ils ont demandé 50.000 euros par tête de pipe afin d'indemniser leur « préjudice moral » et ils aimeraient bien que ça soit le patronat, en guéguerre sur la forme mais solidaire sur le fond, qui mette la main à la poche, au coffre, ou mieux encore, plonge les bras dans sa « caisse antigrève ». Ils rêvent d'être &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fluidifiés&lt;/i&gt; - salis, baisés, pollués ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Prophylaxie.&lt;/strong&gt; « Il faut aussi avoir présent à l'esprit que même une entreprise qui a rarement une grève trouvera sa gestion compromise si une autre entreprise cède devant la grève en accordant 3% des salaires en plus ou transige sur un principe fondamental, en raison de l'effet de contagion qui existe presque toujours (en sachant aussi que cette entreprise peut faire l'objet d'une attaque fomentée par les syndicats soutenus de l'extérieur). Chaque entreprise, même peu touchée directement par les grèves, a donc un intérêt évident à ce que la résistance de tous soit renforcée face aux conflits collectifs. »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/ArgUIMM.jpg' width='420' height='401' style='border-width: 0px; width:420px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_713 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Extraits&lt;/strong&gt; de l'argumentaire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;strictement confidentiel&lt;/i&gt;, interne à l'UIMM, « sur l'action d'entraide professionnelle face aux conflits sociaux », communément désignée désormais comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;caisse antigrève&lt;/i&gt;, le 18 février 1972&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Question de principe.&lt;/strong&gt; « Malheureusement, comme il n'est pas dans les compétences de l'UIMM de financer des indemnités de licenciement dans les entreprises de la branche, nous ne pouvons pas répondre à votre démarche collective. » (Courrier de Frédéric Saint-Geours, président de l'UIMM, aux salariés de Lenoir-et-Mernier, au conseil régional de Champagne-Ardenne et au conseil général des Ardennes, reçu sur place fin février)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Paroles contre paroles contre paroles contre paroles, etc.&lt;/strong&gt; « Denis Gautier-Sauvagnac m'a dit qu'il avait eu une conversation avec Laurence et qu'elle était parfaitement au courant maintenant. Elle était au courant de ça en juin ou en mai 2007, en tout cas avant les vacances » (Daniel Dewavrin, ex président de l'UIMM, à l'AFP, le 8 mars 2008) ; « Les propos de Daniel Dewavrin et Denis Gautier-Sauvagnac selon lesquels j'aurais été informée du système frauduleux, objet des actuelles poursuites pénales qui touchent l'ancien président de l'UIMM, &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dès avant l'été 2007&lt;/i&gt;&#8221;, sont gravement diffamatoires à mon encontre en ce qu'ils signifient que j'aurais menti. Je dépose donc plainte au pénal pour diffamation immédiatement. J'en charge mon avocat dès ce jour » (Communiqué de Laurence Parisot, présidente du MEDEF, le 8 mars) ; « Si Mme Parisot veut aller en justice, nous irons sereins et tranquilles. Je me suis borné à rapporter un fait, je n'ai aucune raison de ne pas rapporter ce que m'avait dit M. Gautier-Sauvagnac. Je serais étonné qu'il ne l'ait pas dit à d'autres personnes » (Daniel Dewavrin, à l'AFP, le 8 mars) ; « Ce sont des sacrés menteurs, ces messieurs » (Laurence Parisot, sur le plateau de France 2, le 8 mars) ; « La seule chose que je sais, c'est que j'étais présent lorsque Denis Gautier-Sauvagnac nous a rapporté la conversation qu'il avait eue avec elle, à Daniel Dewavrin et à moi-même. J'ai entendu la même chose que Daniel Dewavrin. Denis Gautier-Sauvagnac nous a dit que Laurence Parisot lui avait demandé si les distributions d'argent se poursuivaient comme avant, quelque chose comme ça. Nous étions tous les trois dans les bureaux de l'UIMM, c'était en mai ou juin 2007, en tout cas avant l'été » (Arnaud Leenhardt, autre ancien président de l'UIMM, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Monde&lt;/i&gt; daté du 11 mars) ; « A l'unanimité, le Bureau du MEDEF confirme qu'il ignorait tout des pratiques de l'ancien président de l'UIMM. Il les réprouve, à nouveau, avec la plus grande fermeté et sans réserve. Par ailleurs le Bureau réaffirme son attachement aux valeurs de transparence, de modernité et d'unité qui doivent caractériser le patronat du XXIe siècle » (Communiqué du MEDEF, le 10 mars)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/PV.jpg' width='200' height='277' style='float: right; border-width: 0px; width:200px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_714 spip_documents spip_documents_right' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rien à ajouter.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Renseignement judiciaire,
&lt;br /&gt;procès-verbal d'audition, témoin.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;Le vendredi 14 mars 2008, à 14 heures 00 minute, nous soussigné gendarme X.X., agent de police judiciaire en résidence à Nouzonville, sous le contrôle de lieutenant Y.Y., officier de police judiciaire en résidence à Nouzonville, [...] nous trouvant au bureau de notre unité à Nouzonville 08700, rapportons les opérations suivantes : [...]
&lt;br /&gt;entendons la personne dénommée ci-dessus [Michèle Leflon, vice-présidente du conseil régional] qui nous déclare :
&lt;br /&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je me présente ce jour à votre unité en compagnie de Sylvain Dalla Rosa, conseiller régional, pour déposer une plainte en nos noms propres. Face à l'attitude du syndicat de l'Union des industries des métaux et de la métallurgie (UIMM) Ardennes qui, par le biais de son adhérent, directeur de l'entreprise Lenoir-et-Mernier LCAB sise à Bogny-sur-Meuse, qui a activement contribué au sabordage de l'économie ardennaise, nous déposons plainte contre le syndicat patronal UIMM Ardennes. Ce dernier a une responsabilité active dans la casse économique et sociale de notre département. C'est la cause d'un préjudice humain et financier très lourd pour les Ardennes. En conséquence, nous demandons à la justice d'obliger le syndicat UIMM à assumer ses responsabilités, notamment en indemnisant les salariés de Lenoir-et-Mernier LCAB victimes d'un licenciement. Les entreprises ardennaises au nombre desquelles Lenoir-et-Mernier ont participé au financement de la caisse noire de l'UIMM, faisant actuellement l'objet d'une information judiciaire. Cet argent doit servir à indemniser le préjudice moral des salariés licenciés.&lt;/i&gt; [...] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A Nouzonville 08700, le 14 mars 2008, à 14 heures 25, lecture faite par moi des renseignements d'état civil et de la déclaration ci-dessus, j'y persiste et n'ai rien à changer, à y ajouter ou à y retrancher.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/pytko5.jpg' width='450' height='300' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_707 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A quel saint se vouer ?&lt;/strong&gt; Invité à France-Inter, un matin de mars 2008, Frédéric Saint-Geours, le nouveau président de l'UIMM-dont-les-comptes-seront-eux-aussi-certifiés-à-l'avenir, saute de sa chaise en entendant à la revue de presse une référence à l'adhésion à son organisation du patron de Lenoir-et-Mernier dans les Ardennes : « Cette entreprise n'est pas membre de l'UIMM », croit-il utile de corriger. Patron d'une petite boîte de la métallurgie, président du MEDEF Ardennes et héros, parmi d'autres, du documentaire de Marcel Trillat, François de Saint-Gilles tente la même tactique avant d'admettre : « Le patron de Lenoir-et-Mernier n'a plus versé de cotisations à l'UIMM et au MEDEF depuis deux ans... » Le problème dans cette affaire, c'est qu'Albert de Sainte-Nitouche, ou dieu seul sait qui à l'UIMM, continue de prendre le banni pour un semblable et qu'à l'usine, les ouvriers collectionnent les preuves ultra-récentes de l'affiliation de leur PDG aux flamboyantes organisations professionnelles. Comme cette invitation à un comité directeur de l'UIMM-Ardennes le 22 janvier dernier, ou les derniers bulletins fédéraux hebdomadaires, envoyés de Paris.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/UIMM2.jpg' width='275' height='220' style='border-width: 0px; width:275px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_709 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/UIMM1.jpg' width='180' height='225' style='border-width: 0px; width:180px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_710 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Omertà dans la vallée.&lt;/strong&gt; C'est une petite bourgade tranquille, au fin fond d'une vallée des Ardennes, enfoncée dans la forêt verdoyante. Vue du ciel, Nouzonville, oblongue, coulée sur la Meuse, pourrait ressembler à un hamac. Le calme règne. La ville, jadis, c'était un rythme dans les oreilles, un tempo dans la peau : le fracas sourd des marteaux-pilons, doublé de mini-secousses telluriques, avec les fonderies, forges et ateliers d'estampage pour épicentres. Aujourd'hui, les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;boutiques&lt;/i&gt; disparaissent les unes après les autres. La place est nette. Sur cinq hectares, non loin du fleuve, la friche, ouverte à tout vent, des aciéries Thomé-Cromback, fermées en 1996 par un repreneur véreux italien, hurle toute la désolation de l'endroit. Plus loin, à quelques pas de la mairie, pile en face de l'usine Thomé-Génot, liquidée en octobre 2006 après le pillage-éclair mené par le groupe américain Catalina, la boulangère a, elle aussi, tiré le rideau. Comme si son heure était arrivée. Dortoir, mouroir. S'il devait revenir, Jean-Baptiste Clément, poète du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Temps des cerises&lt;/i&gt; et agitateur socialiste dans les parages après la Commune de Paris, statufié aux portes de Nouzonville, n'aurait plus guère de braises à remuer. Croissance du chômage et de la précarité, petit commerce des Restos du c&#339;ur et extension du désert de la lutte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ici, à Nouzonville, à quelques kilomètres de Bogny-sur-Meuse, que Marcel Trillat a tourné un magistral documentaire, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Silence dans la Vallée&lt;/i&gt;. Avec une question simplissime : comment ce vide a-t-il pu envahir l'espace ? Sa thèse, c'est que, rivé aux profits modélisables, le capitalisme financiarisé, tel un tsunami, ravage tout sur son passage. Et le réalisateur emporte la conviction en faisant parler des petits patrons du cru, interdits de crédits bancaires, essorés par les donneurs d'ordre, étranglés par les mouvements spéculatifs sur les matières premières, pendus aux exigences intenables des fonds d'investissements... Au mois de janvier 2008, Laurence Parisot a, en amatrice déclarée des « grands débats sociétaux », organisé une projection du documentaire au siège parisien du patronat. Salle comble, applaudissements nourris, tentatives de récupération ou de désamorçage en direct : « Il y a deux choses très différentes, argue, sur le plateau, la présidente du MEDEF. Il y a, d'un côté, des entrepreneurs, comme ceux qui sont dans cette salle, ceux qui aiment les relations avec leurs salariés, et les autres, ces prédateurs dont parle le film, eux, ce ne sont pas des entrepreneurs, ce sont des escrocs. »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/pytko2.jpg' width='450' height='300' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_704 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un mois plus tard, toujours dans les Ardennes, juste à côté de Nouzonville, une grosse centaine d'ouvriers, victimes des agissements d'un patron-voyou chez Lenoir-et-Mernier, LCAB, Dauvin, Jayot, Gérard-Bertrand, appellent ces c&#339;urs d'artichauts du patronat à la solidarité. « Banqueroute, malversations, détournement de fonds publics, enrichissement personnel, ventes à perte volontairement, faux bilan, dissimulation de matières premières, détaille Claude Choquet, délégué syndical CFDT et secrétaire du comité d'entreprise, dans une lettre adressée à Laurence Parisot et demeurée sans réponse. Voilà quelques exemples des plaintes qui ont ou vont être déposées à l'encontre du PDG. Le SRPJ enquête déjà sur ces faits. Mais les victimes restent les salariés qui vont perdre leur emploi et se retrouver à la rue avec, pour la plupart, plus de 20 ans d'ancienneté, une moyenne d'âge de 45 ans et peu de qualifications. Ceci dans une entreprise qu'un audit vient de déclarer viable commercialement et industriellement. Je sais que votre responsabilité n'est pas en cause, mais par cette lettre nous espérons simplement attirer votre attention, afin que vous preniez position contre ce genre de patron qui salit votre profession. » Les vedettes qui occupaient les premiers rôles chez Trillat regardent ailleurs. Et ceux qui les applaudissaient dans la salle de projection du MEDEF font la sourde oreille. Quand un Américain saccage, c'est le tollé - « On se dit que ce n'est peut-être pas le capitalisme financier ou la mondialisation qui est à l'origine de la descente aux enfers de cette entreprise, synthétisera Laurence Parisot devant la presse, au lendemain du raout autour de Trillat, mais plutôt, peut-être, en tout cas il faut poser la question, tout simplement une escroquerie gigantesque qui a traversé l'océan Atlantique » ; quand le bandit est ardennais, c'est l'omertà.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vendetta de base.&lt;/strong&gt; Patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;voyou&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vaurien&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fripouille&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;truand&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;gredin&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;aigrefin&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;arsouille&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;apache&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;à-nettoyer-au-karcher&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;malandrin&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;crapule&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;brigand&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vautour&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pirate&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;filou&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;scélérat&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de-combat&lt;/i&gt;, patron-&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;moderne&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Prends plusieurs bobines.&lt;/strong&gt; « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Mon pauvre Marcel,
&lt;br /&gt;Quand tu es parti des Ardennes avec ton film
&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;Silence dans la vallée&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;,
&lt;br /&gt;beaucoup de personnes disaient :
&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;C'est un film noir,
&lt;br /&gt;cela ne représente pas la réalité des Ardennes
&lt;br /&gt;et en plus c'est un patron américain,
&lt;br /&gt;et en plus, un voyou...&#8221;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Je te demande de revenir
&lt;br /&gt;pour faire un acte 2 sur :
&lt;br /&gt;l'état de santé des chômeurs de Thomé-Génot
&lt;br /&gt;et un deuxième &#8220;Thomé Génot&#8221; qui se profile,
&lt;br /&gt;l'entreprise Lenoir et Mernier, tu connais ?
&lt;br /&gt;C'est celle qui a racheté Jayot, la filiale de Thomé-Génot
&lt;br /&gt;pour une bouchée de pain, 8.000 euros avec 200.000 euros
&lt;br /&gt;de stock de produits finis, et en plus, 300.000 euros
&lt;br /&gt;du conseil général. Mais, malheureusement, dépôt de bilan
&lt;br /&gt;et fermeture de l'usine. L'argent ? Ha, bonne question,
&lt;br /&gt;je ne sais pas où il est. Le patron ? Ha, oui celui-là,
&lt;br /&gt;il est français, c'est un voyou, d'après ce que j'ai pu lire
&lt;br /&gt;dans la presse. Mais le comble de cela,
&lt;br /&gt;c'est encore les mêmes qui trinquent : LES SALARIÉS.&lt;/i&gt; [...]
&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si je t'ai envoyé cette lettre,
&lt;br /&gt;c'est pour te dire que si tu viens,
&lt;br /&gt;prends plusieurs bobines
&lt;br /&gt;car il y a de quoi faire ici.
&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;Silence dans la vallée&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; acte 2
&lt;br /&gt;bientôt dans vos salles ;
&lt;br /&gt;le 3, bientôt en préparation
&lt;br /&gt;et le 4 est prévu pour 2009.
&lt;br /&gt;Amicalement,
&lt;br /&gt;Charles Rey&lt;/i&gt; » &lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/lipdub1.jpg' width='220' height='528' style='float: right; border-width: 0px; width:220px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_711 spip_documents spip_documents_right' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le saviez-vous ?&lt;/strong&gt; Un&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; lipdub&lt;/i&gt; est une danse, un hymne, une déclaration (et aussi un documentaire). C'est la fête de l'entreprise tous les jours - comme pour les femmes ou les poilus, il n'y a pas de raison que la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cellule de base de la société&lt;/i&gt;, selon l'expression du poète Ernest-Antoine Seillière, n'ait qu'un jour de fête par an (oui, l'opération jaimemaboite est nettement insuffisante). Des employés de bureaux vocalisent, théâtralisent, chorégraphient leur dévotion totale : « L'entreprise, c'est la vie » (slogan actuel du MEDEF). Et les services de propagande enregistrent le mouvement des collaborateurs pour répandre à l'extérieur la bonne nouvelle : Motivés, motivés. Bien sûr, un couac peut toujours se produire, comme chez AOL France, où le&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; lipdub&lt;/i&gt; se termine par un plan social... Mais vive le fun, à bas l'ennui à mort, il se passe quelque chose : jetés dehors mais trop heureux d'en avoir été. Au siège du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Patronat du XXIe Siècle ©&lt;/i&gt; (ex-MEDEF, ex-CNPF), ils ont bien compris l'intérêt du jeu et, oh yeah, ils s'y sont &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4b1ax_medef-le-lipdub_fun&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;mis à donf'&lt;/a&gt; début février. Même Laurence Parisot claque des doigts, dans le vent.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/lipdub2.jpg' width='450' height='150' style='border-width: 0px; width:450px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_712 spip_documents' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans leur bled des Ardennes, les ouvriers, hiératiques, les pieds collés dans la glaise, vivent leur&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; lipdub&lt;/i&gt; sous acide, sans paroles ni musiques. Momifiés, fossilisés, figés aux siècles des Lumière - les frères, ou peut-être même les autres - et rendus à la rusticité : sortis d'usine, renvoyés dans leurs épaisses forêts.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ecriture&lt;/strong&gt;,
&lt;br /&gt;recueil de&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; textes&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;et d'images,
&lt;br /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;montage&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;par &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;grandes photos&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;sont de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Pytkowicz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour aller là-bas ou plus loin :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;* Le &lt;a href=&quot;http://lenoir-ou-le-noir.over-blog.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;blog des salariés de Lenoir-et-Mernier, LCAB, etc.&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;* Le &lt;a href=&quot;http://atg-association.over-blog.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;blog de l'association des anciens Thomé-Génot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Et dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanité&lt;/i&gt;, sur le fond du conflit social à Bogny :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;* &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/2008-02-22_Politique_Patrons-voyous-Les-vautours-se-portent-bien-merci&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les vautours se portent bien, merci&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;* &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/2008-02-22_Politique_Anatomie-d-un-pillage-magistral&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Anatomie d'un pillage magistral&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Et à propos de l'« affaire UIMM »&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;* une &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/+-Papiers-du-patronat-+&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;série d'articles &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les petits papiers du patronat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>En trompe-l'&#339;il, en pleurs</title>
		<link>http://peripheries.net/article303.html</link>
		<dc:date>2006-11-21T19:24:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>hors_sommaire</dc:subject>

		<description>Serigne. Géomètre, diplomé d'une des écoles les plus élitistes du Sénégal, Serigne Sylla est arrivé à Gênes « par erreur » il y a une dizaine d'années. Jeudi 19 juillet, il est dans la rue « par nécessité » avec ses copains italiens et sans-papiers de l'association génoise Città aperta [Ville ouverte] et, quelques minutes plus tard, il ouvrira le premier cortège du Genoa Social Forum, avec, derrière lui et les autres, 50.000 manifestants. « Je connais toutes les routes sénégalaises, c'est moi qui les ai faites. Je peux dire, (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova-3.jpg' width='470' height='353' style='border-width: 0px; width:470px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_646 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Serigne.&lt;/strong&gt; Géomètre, diplomé d'une des écoles les plus élitistes du Sénégal, Serigne Sylla est arrivé à Gênes « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;par erreur&lt;/i&gt; » il y a une dizaine d'années. Jeudi 19 juillet, il est dans la rue « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;par nécessité&lt;/i&gt; » avec ses copains italiens et sans-papiers de l'association génoise Città aperta [Ville ouverte] et, quelques minutes plus tard, il ouvrira le premier cortège du Genoa Social Forum, avec, derrière lui et les autres, 50.000 manifestants. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je connais toutes les routes sénégalaises, c'est moi qui les ai faites. Je peux dire, par exemple, que la distance exacte entre Dakar et Touba est de 193 kilomètres. A l'époque, je travaillais pour l'administration publique, mais le Fond monétaire a conseillé au Sénégal de rétrécir un peu l'appareil d'Etat et donc de licencier. Personne n'a voulu me licencier, mais moi, j'avais eu une opportunité, en fait une proposition intéressante, de partir bosser en France. Je démissionne et demande le visa pour partir en France. Les mois passent et, enfin, j'obtiens mon visa. Je pars, mais quand j'arrive en France, l'opportunité s'est envolée et, avec elle, mon permis de séjour. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé marchand ambulant sur les plages italiennes. J'ai fait ça pendant trois ans et je suis arrivé à Gênes.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-8.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_647 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-8.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_648 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1992, la mairie de la ville décide de faire évacuer des logements où il y avait plein d'immigrés. « On ne savait pas où aller, quoi faire, et on a fini devant la mairie pour protester contre les évacuations. Des militants italiens nous ont rejoints et c'est ainsi qu'est né Città aperta. On s'est opposés aux &#8220;chasses au Noir&#8221; qu'organisaient des jeunes Génois du centre historique pour tuer leur ennui. On a lutté pour obtenir des logements décents. Et aujourd'hui, on manifeste à l'air libre, dans cette ville libérée. On va dire que nous sommes le monde, que les clandestins, ce sont les autres, enfermés dans leur ghetto blindé. »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-8.jpg' width='470' height='353' style='border-width: 0px; width:470px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_649 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Clonage humain. &lt;/strong&gt;Trop moches, les façades devant le Palazzo Ducale qui accueille les maîtres du monde. Silvio Berlusconi a fait tendre dessus une toile reproduisant la façade du Palazzo Ducale. Un miroir, en miroir. Si toutes les constructions pouvaient être aussi belles que le Palazzo Ducale, si toutes les villes pouvaient être Gênes, si tout le monde pouvait être riche comme Berlusconi et malin comme Bush, ou vice-versa. Miroir, mon beau miroir, dis-nous que nous sommes les plus beaux.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova5-7.jpg' width='240' height='320' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_650 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova6-7.jpg' width='240' height='320' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_651 spip_documents' /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La cabine du journaliste.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pas de hublot,
&lt;br /&gt;de l'air conditionné,
&lt;br /&gt;un trompe-l'&#339;il (ici aussi)
&lt;br /&gt;avec une caravelle qui mouille
&lt;br /&gt;dans une baie de rêve,
&lt;br /&gt;un téléphone qui ne marche pas,
&lt;br /&gt;pas de télévision,
&lt;br /&gt;une radio qui ne passe
&lt;br /&gt;que les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Trois Ténors&lt;/i&gt; ou Pavarotti seul,
&lt;br /&gt;deux lits étroits bien faits
&lt;br /&gt;et, pour les couples venus avec la marmaille,
&lt;br /&gt;deux autres en hauteur qu'on peut déplier au besoin,
&lt;br /&gt;un demi-litre d'eau gazeuse,
&lt;br /&gt;un demi-litre d'eau plate,
&lt;br /&gt;un litre en tout,
&lt;br /&gt;des verres pour ne pas boire à la bouteille,
&lt;br /&gt;un petit mot de l'association
&lt;br /&gt;de la presse élyséenne qui enjoint au locataire
&lt;br /&gt;de bien vérifier qu'il a payé
&lt;br /&gt;ses consommations avant de mettre les voiles,
&lt;br /&gt;une prise électrique pour les rasoirs,
&lt;br /&gt;quelques néons.
&lt;br /&gt;Vacances,
&lt;br /&gt;à l'écart de tout,
&lt;br /&gt;hors du monde,
&lt;br /&gt;loin de la foule et du bruit,
&lt;br /&gt;dans une zone rouge de joie.
&lt;br /&gt;Et la piscine, elle est sur quel pont déjà ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova7-6.jpg' width='470' height='353' style='border-width: 0px; width:470px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_652 spip_documents' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;En pleurs. &lt;/strong&gt;Une femme parmi tant d'autres, une femme parmi tant d'hommes, dans la touffeur, au fin fond du chapiteau, pendant l'assemblée générale du Genoa Social Forum, le dimanche 22. Trente, trente-cinq ans, par-là. Elle est grande, elle a des cheveux châtains. Un casque de traduction dans les oreilles. Elle réagit toujours avec cette seconde de retard. En fait, non : elle réagit peu. Elle n'applaudit pas, elle ne lève pas, à l'unisson, la paume serrée dans la forêt de poings fermés, elle ne crie pas « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Berlusconi, assassin&lt;/i&gt; ». Elle sanglote doucement, renifle en silence. Parfois, un hoquet la traverse, la transperce, la foudroie et elle serre les dents, elle ouvre grand la bouche, son nez se crispe. Et les pleurs l'assaillent de plus belle. Son copain écoute, lui aussi, et de temps en temps, de tout le temps en tout le temps, il la surveille du coin de l'&#339;il, parfois il lui montre, d'autre fois il s'en cache. Elle sanglote. Qu'a-t-elle vu ? Elle sanglote. Quelque chose de mort en elle, une foi dans l'homme pas loup pour l'homme, quelque chose comme la démocratie, quelque chose d'incertain, de précaire, un remugle de sang dans les narines, cette odeur de merde. Elle partira demain ou plus tard encore. Elle a perdu sa langue. Tout ça pour ça. Elle sanglote.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Trallalà, &lt;/strong&gt;trallalà,
&lt;br /&gt;texte,&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; photos,&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;pièces rapportées&lt;/strong&gt; et traduites
&lt;br /&gt;par &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article301.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Retour au &lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article41.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;début&lt;/a&gt; des Polyphonies&lt;/strong&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;* Le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;collectif unitaire contre la répression policière à Gênes&lt;/strong&gt; recueille, en France, les témoignages afin d'entamer des actions en justice contre les violences génoises. Il est joignable via les sites &lt;a href=&quot;http://france.indymedia.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Indymedia&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://genova.samizdat.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Samizdat&lt;/a&gt;. Par ailleurs, Samizdat traduit de temps en temps et met à disposition des francophones certains textes italiens. &lt;br /&gt;* &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui parlent italien&lt;/strong&gt; mesureront leur chance en lisant -et en s'abonnant- directement à &lt;a href=&quot;http://www.wumingfoundation.com/italiano/Giap/numerigiap.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Giap&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ces géniaux « bulletins d'information » des &lt;a href=&quot;http://www.wumingfoundation.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Wu Ming&lt;/a&gt; ainsi que l'hebdomadaire &lt;a href=&quot;http://www.carta.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Carta&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, passionnant comme journal et comme expérience d'un « moyen de communication sociale ». On peut, bien entendu et dans l'ordre, lire &lt;a href=&quot;http://www.ilmanifesto.it/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;il manifesto&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberazione.it/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Liberazione&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.unita.it/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;L'Unità&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.repubblica.it/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La Repubblica&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.corriere.it/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Il Corriere della Sera&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;* Et pour ceux qui, comme nous, aiment la famille Fo, un petit tour chez &lt;a href=&quot;http://www.francarame.it/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Franca Rame&lt;/a&gt; s'impose. En outre, on trouve, encore dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Périphéries&lt;/i&gt;, une feuille de route sur &lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article228.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Zen et l'art de baiser&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, de Jacopo Fo, ainsi qu'un papier du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Monde&lt;/i&gt;, publié avec leur autorisation, sur &lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article229.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'opération militaire bien réussie&lt;/i&gt; »&lt;/a&gt; dont a été victime Franca Rame.&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>« Le plan le plus invivable et fou qu'un pouvoir ait jamais imaginé »</title>
		<link>http://peripheries.net/article302.html</link>
		<dc:date>2006-11-21T19:01:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>hors_sommaire</dc:subject>

		<description>Gênes et le nouvel ordre mondial. « La première question à se poser à propos de ce qui vient d'arriver à Gênes, c'est : Pourquoi les leaders des Etats les plus riches et les plus puissants ont-ils choisi de tenir leur réunion si contestée, non pas dans un lieu isolé - un château ou une de ces grandes demeures en pleine campagne qui ne sont pas bien difficiles à trouver en Europe -, mais dans une ville antique et populeuse, où les problèmes d'ordre et de sécurité étaient si importants qu'ils réclamaient la mise en place de (...)

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&lt;a href="http://peripheries.net/rubrique7.html" rel="category"&gt;Incursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://peripheries.net/mot25.html" rel="tag"&gt;hors_sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_640 spip_documents' style='width: 480px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova-2.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Dans la zone rouge de honte, photo de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Gênes et le nouvel ordre mondial. &lt;/strong&gt;« La première question à se poser à propos de ce qui vient d'arriver à Gênes, c'est : Pourquoi les leaders des Etats les plus riches et les plus puissants ont-ils choisi de tenir leur réunion si contestée, non pas dans un lieu isolé - un château ou une de ces grandes demeures en pleine campagne qui ne sont pas bien difficiles à trouver en Europe -, mais dans une ville antique et populeuse, où les problèmes d'ordre et de sécurité étaient si importants qu'ils réclamaient la mise en place de moyens et de forces qui allaient nécessairement troubler la paix des habitants et impliquer des risques en tout genre. Pourquoi placer inutilement une grande ville en état de siège ? Pourquoi ce gaspillage d'énergie et d'argent ? Pourquoi, enfin, avoir créé les conditions dans lesquelles des vies humaines risquaient d'être sacrifiées ?
&lt;br /&gt;Je ne vois pas d'autres réponse possible que celle-ci : il s'agissait encore une fois de mettre à l'épreuve les nouvelles formes de domination mondiale et les nouveaux dispositifs qui sont en train de transformer radicalement et sous nos propres yeux ce que nous avons jusqu'ici appelé &#8220;politique&#8221; et &#8220;démocratie&#8221;. Pendant la Guerre du Golfe et pendant la récente guerre de l'OTAN contre la Serbie, il s'agissait de vérifier jusqu'à quel point le nouveau pouvoir mondial était capable de bouleverser les règles du droit international, transformant une guerre extérieure en une opération de police ; aujourd'hui, il s'agit de vérifier jusqu'à quel point il est possible de transformer et de renverser les règles du droit intérieur et les principes fondamentaux de la vie dans une société démocratique. On ne comprend pas ce qui vient d'arriver à Gênes, si on n'observe pas qu'exactement comme au moment de la guerre contre la Serbie, notre pays a été entraîné dans une guerre sans que les procédures prévues par la Constitution et par le droit international soient respectées, qu'une ville entière a été mise en état de siège et que les droits fondamentaux des habitants - et des citoyens italiens et européens en général -, gravement limités, sans que l'état d'urgence soit décrété - ce qui aurait pu légitimer, sans justifier mais bon, ces limitations. [...]&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_641 spip_documents' style='width: 480px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-7.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Cité interdite, ville morte, photo de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A Gênes, on a vu comment on peut élever des grilles et des portails et transformer le tissu urbain vivant en un espace mort qui rappelle celui des villes pestiférées et des camps de concentration. &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Voilà la ville, voilà le monde dans lequel nous allons vous faire vivre, dans lequel, même si vous ne vous en êtes pas encore rendus compte, vous vivez déjà&lt;/i&gt;&#8221; : c'est celui-là, le message qu'à Gênes, le pouvoir a lancé à l'humanité. C'est à l'humanité de l'entendre, ce message, c'est à nous de réussir à penser les réponses à lui apporter. Nous devons réagir à ce qui est peut-être, après le projet nazi d'un nouvel ordre mondial, le plan le plus invivable et fou qu'un pouvoir ait jamais imaginé pour ses sujets. »
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Giorgio Agamben, philosophe,&lt;/strong&gt; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;il manifesto&lt;/i&gt; du 25 juillet.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur les murs, dans les quartiers dévastés. &lt;/strong&gt;« Faisons l'Intifada », « Non au Kapital », « Vive Oussama Ben Laden », « Tuer les flics, c'est servir Jésus », etcaetera, etcaetera, « Liberté pour le Pays Basque », « Et la Kabylie », « Faisons l'Intifada », « Non au Kapital », « Vive Oussama Ben Laden », « Tuer les flics, c'est servir Jésus », « Liberté pour le Pays Basque », etcaetera, etcaetera, « Et la Kabylie », « Faisons l'Intifada », « Non au Kapital », « Vive Oussama Ben Laden », « Tuer les flics, c'est servir Jésus », « Liberté pour le Pays Basque », « Et la Kabylie », « Faisons l'Intifada », etcaetera, etcaetera, « Non au Kapital », « Vive Oussama Ben Laden », « Tuer les flics, c'est servir Jésus », « Liberté pour le Pays Basque », « Et la Kabylie », etcaetera, etcaetera, « Faisons l'Intifada », « Non au Kapital », « Vive Oussama Ben Laden », « Tuer les flics, c'est servir Jésus », etcaetera, etcaetera, « Liberté pour le Pays Basque », « Et la Kabylie », « Faisons l'Intifada », « Non au Kapital », « Vive Oussama Ben Laden », « Tuer les flics, c'est servir Jésus », « Liberté pour le Pays Basque », « Et la Kabylie » etcaetera, etcaetera. Et « Berlusconi, assassin ».&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-7.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_642 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le grand n'importe quoi.&lt;/strong&gt; « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Certains d'entre nous voulaient aller vers la zone rouge et les autres attendre un improbable train avec des autonomes dedans qui devait arriver en milieu d'après-midi. L'attente provoquée par ces tergiversations a permis aux policiers de mettre en place leur dispositif d'encerclement. La désorganisation aidant, certains ont commencé à partir n'importe où, à casser sans discernement ce qui leur tombait sous la main. Cela devenait n'importe quoi. Certains démolissaient des cabines téléphoniques, d'autres voulaient s'en prendre aux militants des syndicats de base (Cobas) et aux jeunes des centres sociaux du Réseau pour les droits globaux, qui défilaient non loin de là. Tout ceci me paraît étrange, parce que, d'ordinaire, les membres du Black Block parlent avec les autres manifestants et, en aucun cas, ne les agressent. En fin de compte, sous la pression du dispositif policier, notre cortège a éclaté et nous nous sommes dispersés. Beaucoup ne savaient pas où ils allaient. Ce qui me paraît le plus bizarre, c'est que devant, il y avait quand même une dizaine de mecs cagoulés qui parlaient plusieurs langues et qui eux avaient l'air de savoir où il fallait aller.&lt;/i&gt; »
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Témoignage anonyme d'un activiste français&lt;/strong&gt; désireux de participer aux « actions les plus radicales » lors de la contestation du G8, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanité&lt;/i&gt;, le 28 juillet.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-7.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_643 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova5-6.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_644 spip_documents' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les bateaux des maîtres du monde, photo de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La couleur de la cendre. &lt;/strong&gt;C'est l'heure de la promenade sur le front de mer. Et ils sont venus voir de leurs propres yeux ce que la télé montre en boucles depuis deux jours. En couple, seul ou seule, avec des copines et des copains. La plupart ont apporté le caméscope ou l'appareil photo. Ils immortalisent le saccage en soupirant, en pestant. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C'est une honte, c'est une honte, ils savaient que ça finirait comme ça et ils auraient dû ne pas la faire, cette manifestation&lt;/i&gt; », glisse un petit vieux à sa petite vieille. Sur le Piazzale Kennedy, à quelques mètres du « centre de convergence » des manifestants anti-G8, les autorités ont soigneusement évité de nettoyer les dégâts. Mieux, elles ont organisé l'exposition sur le mode : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vérifiez par vous-mêmes, nous avons dû faire face à une guérilla urbaine&lt;/i&gt; ». Cinq carcasses des voitures brûlées trônent, empilées, au milieu de la chaussée. Le verre brisé des vitrines des banques et des concessionnaires automobiles jonche encore le sol. Les passants se penchent à l'intérieur des magasins dévastés, comme pour examiner la couleur des cendres.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_645 spip_documents' style='width: 480px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova6-6.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Le Palazzo Ducale, la nuit, photo de Guido Romeo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Communiqué de presse. &lt;/strong&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En rappelant que des milliers d'anarchistes ont pris part à la protestation pacifique contre le G8, nous précisons que &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1.&lt;/strong&gt; Rien ne nous rapproche des « anarchistes » du « Black Block » et des typologies analogues. Chacun peut se qualifier ou être qualifié d'anarchiste : nous regardons les comportements, et non les étiquettes ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2.&lt;/strong&gt; Chacun doit assumer ses propres responsabilités. Exactement le contraire de la pratique injustifiable qui consiste à accomplir des violences pour, ensuite, se réfugier parmi les autres manifestants et les exposer aux attaques brutales des forces de l'ordre ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3.&lt;/strong&gt; Notre manière d'être présents dans le conflit social s'inspire des valeurs exprimées pendant plus d'un siècle d'histoire du mouvement anarchiste organisé, né au sein de la Première Internationale et développé ensuite dans les luttes syndicales, antifascistes, pour la défense des libertés individuelles et collectives. Nous considérons que la violence sans discernement et le terrorisme (psychologique aussi) sont des instruments fonctionnels du pouvoir, et certainement pas de ceux qui veulent réaliser sans coercition une profonde transformation sociale d'empreinte libertaire. Ce sont des instruments que le pouvoir utilise, comme à Gênes, pour éliminer les espaces de liberté et d'intervention politique. Ceux qui envoient des lettres piégées, ceux qui mettent la ville à feu et à sang, avec la complicité tolérante des forces de l'ordre - inversement si actives envers les manifestants pacifiques -, n'ont rien de commun avec nous, indépendamment d'éventuelles étiquettes semblables.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les militants &lt;/strong&gt;du cercle libertaire Pisacane de Bassano del Grappa, des Archives historiques de la fédération anarchiste italienne d'Imola, du cercle anarchiste Ponte della Ghisolfa de Milan, de la revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A&lt;/i&gt; de Milan, et de la coopérative Alekos de Milan, le 23 juillet.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article301.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A suivre&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;Trallalà, trallalà,
&lt;br /&gt;polyphonies
&lt;br /&gt;génoises (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article303.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;12/12&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>« Il faut peut-être refaire du porte à porte »</title>
		<link>http://peripheries.net/article301.html</link>
		<dc:date>2006-11-21T18:19:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>hors_sommaire</dc:subject>

		<description>Sur la Piazza delle Vigne, photos de Thomas Lemahieu &lt;br /&gt;Teresa. C'est un petit bout de femme recroquevillée derrière une table où il n'y a que des hommes, ou presque, lors de l'assemblée populaire du Genoa Social Forum le 22 juillet. Tous, ou presque, ont parlé. Deux heures qu'ils discourent mâlement, qu'ils dénoncent les manipulations policières, qu'ils analysent l'émergence médiatique des Black Blocks, qu'ils tonnent, qu'ils traquent les mensonges du pouvoir, et maintenant c'est à elle. Teresa Mattei, résistante, (...)


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&lt;a href="http://peripheries.net/rubrique7.html" rel="category"&gt;Incursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://peripheries.net/mot25.html" rel="tag"&gt;hors_sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova.jpg' width='240' height='320' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_628 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-6.jpg' width='240' height='320' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_629 spip_documents' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la Piazza delle Vigne, photos de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Teresa. &lt;/strong&gt;C'est un petit bout de femme recroquevillée derrière une table où il n'y a que des hommes, ou presque, lors de l'assemblée populaire du Genoa Social Forum le 22 juillet. Tous, ou presque, ont parlé. Deux heures qu'ils discourent mâlement, qu'ils dénoncent les manipulations policières, qu'ils analysent l'émergence médiatique des Black Blocks, qu'ils tonnent, qu'ils traquent les mensonges du pouvoir, et maintenant c'est à elle. Teresa Mattei, résistante, communiste, seule femme députée lors de la Constituante après la guerre, prend la parole. Elle dit que, pendant la guerre, elle a été arrêtée, torturée, martyrisée, qu'elle n'aurait jamais cru revivre un tel climat de terreur. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut que les gens sachent ce qui s'est passé pendant ces journées&lt;/i&gt;, dit-elle, d'une voix blanche. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je propose que tous ceux qui retournent chez eux maintenant le racontent autour d'eux. On peut battre les télévisions de Berlusconi en allant dans le voisinage expliquer ce qu'on a vu et subi ici. Il faut peut-être refaire du porte à porte. Cela peut devenir beaucoup plus important que les récits médiatiques ; ensemble, on est plus forts que n'importe quelle télé.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-6.jpg' width='150' height='303' style='border-width: 0px; width:150px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_630 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-6.jpg' width='285' height='303' style='border-width: 0px; width:285px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_631 spip_documents' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Guide pour la presse, présidence italienne du G8&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Allô, allô, en zone rouge.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Pour les gendarmes, faites le 112.
&lt;br /&gt;Pour la police d'Etat, composez le 113.
&lt;br /&gt;En cas d'urgence sanitaire, le 118.
&lt;br /&gt;Pour les apprentis sorciers,
&lt;br /&gt;ex-escrimeurs du réseau &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gladio&lt;/i&gt;,
&lt;br /&gt;artificiers du dimanche, terroristes d'Etat,
&lt;br /&gt;services secrets siciliens,
&lt;br /&gt;police politique, escadrons de la mort,
&lt;br /&gt;tapez trois fois sur la touche « 6 ».&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova6-5.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_632 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des périphéries de l'empire. &lt;/strong&gt;« Des sources journalistiques italiennes, nous apprenons que les gouvernements italien et américain ont décidé, lors d'une réunion qui s'est déroulée au Viminal à Rome, le 24 mai, de déclarer formellement la guerre aux multitudes de frères et s&#339;urs qui afflueront à Gênes durant le sommet du G8 programmé en juillet. Le choix d'utiliser les forces armées et les corps spéciaux contre l'humanité vous rapproche de vos alliés qui, tous les jours, dans le Sud du monde, tuent, affament, persécutent ceux qui refusent l'exploitation néo-libérale. De tous les côtés de la planète, vos militaires interviennent avec leurs fusils contre les idées et contre les rêves d'un monde différent, un monde qui contienne beaucoup de mondes. Le monde que vous voulez imposer, et ce notamment lors de votre réunion de Gênes, est un monde unique où n'existe qu'une pensée unique, où l'unique idéologie est celle de l'argent, des profits, du marché, des produits et des corps.
&lt;br /&gt;Votre monde est un empire ; vous êtes des empereurs, et les milliards d'êtres vivants, vos simples sujets. Des périphéries de cet empire, des nombreux mondes qui résistent et grandissent avec le rêve d'une existence meilleure pour tous, aujourd'hui, nous, petits esclaves rebelles, vous déclarons formellement la guerre. C'est un choix que vous ne nous laissez pas. Nous, nous préférons la paix. Mais nous sommes obligés de défier votre arrogance et votre force. Nous sommes obligés de tenter de vous arrêter pour que l'injustice cesse. Nous sommes obligés de donner la parole aux frères et s&#339;urs qui, sur la planète, souffrent à cause de vous. Nous sommes obligés de ne pas céder à la peur de vos armées et de relever la tête. Nous sommes obligés, mais c'est seulement parce que nous y sommes contraints que nous vous déclarons la guerre. Mais si nous devons choisir entre l'affrontement avec vos troupes d'occupation et la résignation, nous n'avons pas d'hésitation : nous vous affronterons. Nous vous annonçons formellement que nous aussi, nous sommes sur le pied de guerre. Nous serons à Gênes et notre armée de rêveurs, de pauvres et d'enfants, d'Indiens du monde entier, de femmes et d'hommes, de gays, de lesbiennes, d'artistes et d'ouvriers, de jeunes et de vieux, de blancs, de noirs, de jaunes et de rouges désobéira à vos ordres. Nous sommes une armée née pour disparaître, mais seulement après vous avoir battu. Maintenant, nous disons : &#8220;YA BASTA !&#8221; »
&lt;br /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;small&gt;Déclaration de guerre aux puissants de l'injustice et de la misère&lt;/strong&gt;, rédigée par les Tute Bianche le 26 mai et adressée à la société civile globale, au comité de Défense italien, au gouvernement italien, à la présidence du Conseil et à la présidence de la République, au président des Etats-Unis, à la direction de la CIA et des services secrets italiens.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova8-5.jpg' width='169' height='225' style='border-width: 0px; width:169px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_634 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova9.jpg' width='300' height='225' style='border-width: 0px; width:300px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_635 spip_documents' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la navette militaire pour les journalistes, photos de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la cafétéria du paquebot « Splendid ». &lt;/strong&gt;Deux journalistes français mangent des &#339;ufs brouillés, dimanche 22 juillet, le matin très tôt.
&lt;br /&gt;- &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Moi, franchement, comme grande puissance, je préfère les Etats-Unis.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, tu as raison. C'est beaucoup mieux que la Russie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova10.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_636 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova11.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_637 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova12.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_638 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova13.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_639 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;« Fermé pour cause de G8 ». &lt;/strong&gt;Voici quelques indications sur ce qui &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;ne se visite pas&lt;/strong&gt; pendant cette période. &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; La &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Cathédrale San Lorenzo :&lt;/strong&gt; le « temple majeur », résultat d'une série continue d'interventions du XIIe siècle à aujourd'hui et où se reflètent toutes les vicissitudes de la cité. Tout aussi invisible le splendide Musée du Trésor, avec la mystérieuse cuvette sacrée, un des nombreux Graal de la tradition chevaleresque. Tout aussi inaccessible le beau cloître des chanoines avec le nouveau musée diocésain. &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Palais Ducal :&lt;/strong&gt; pendant des siècles et jusqu'en 1797, il a été le siège du gouvernement de la Sérénissime République de Gênes. Pour quelques jours, en 2001, siège du G8. Avec, à l'intérieur, une profusion d'encombrantes fausses statues et autres décorations berlusconiennes qui en font un plateau télévisé parfait, malheureusement de nature à nous ridiculiser face à cette partie du monde qui a encore bon goût. Hyper hyper hyper interdit, naturellement. Réservée à Bush, Berlusconi et les autres, la belle et immense exposition « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Voyage en Italie&lt;/i&gt; » se déroule dans les souterrains jusqu'au 29 juillet.
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; La&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Chiesa del Gesù :&lt;/strong&gt; La magnificence de l'intérieur est, pour l'heure, inaccessible, avec ses incrustations de marbres polychromes, avec ses revêtements de fresques et de stucs dorés, avec ses précieux chefs-d'&#339;uvre. Elle exprime le mieux ledit « Siècle des Génois », quand, entre le XVI et le XVIIe siècle, une classe d'usuriers sans scrupules contrôlait les finances de la moitié du monde et investissait toute leur richesse dans les églises et dans les palais agréables. Et avec la menue monnaie, ils se payaient des tableaux et des artistes comme Guido Reni et Pierre-Paul Rubens, qui, justement dans l'église du Gesù, avec la grande Circoncision sur l'autel principal, donna le signal de départ, en 1605, à la peinture baroque en Europe. &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; La &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Piazza De Ferrari :&lt;/strong&gt; c&#339;ur de la ville moderne, résultat d'un siècle d'agrandissements progressifs de la petite placette San Domenico, transformée à partir de 1820 avec la construction du théâtre Carlo Felice et de l'Académie ligure des Beaux-Arts. Elle a vu des événements de tout genre : des luttes politiques aux fêtes, des concerts aux manifestations de bonheur pour les victoires sportives. La classe au pouvoir actuellement s'est autorisé le luxe d'investir des financements publics considérables pour la restructuration radicale et à la va-vite, à peine achevée : cette intervention très discutable, tombée du ciel sans consultation, est critiquée. On a détruit les petits escaliers, les rampes, les murets et la fontaine monumentale de 1936. &lt;br /&gt;La non-visite pourrait continuer longtemps : devant les trésors bien gardés dans les musées barricadés, ou le long de la Via XX Settembre, la principale artère de la ville construite dans les décennies autour 1900 ; ou dans les domaines élégants du XIXe siècle de la Via Roma, Galleria Mazzini et piazza Corvetto, où on trouve le palais Doria Spinola du XVIe siècle, aujourd'hui le siège de la Préfecture, à la belle architecture rafraîchie à l'intérieur comme à l'extérieur, objet d'une restauration attentive et discrète, peu appréciée - dit-on - par l'actuel président du Conseil. Et encore ceci, et encore cela. Bon séjour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Miniguide rapide de la Ville Interdite (fin),&lt;/strong&gt; édité par le Forum permanent des associations et des citoyens du « Centre historique » de Gênes, reçu le 14 juillet, sur le Campetto.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article300.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A suivre&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;Trallalà, trallalà,
&lt;br /&gt;polyphonies
&lt;br /&gt;génoises (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article302.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;11/12&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Garlic for peace</title>
		<link>http://peripheries.net/article300.html</link>
		<dc:date>2006-11-21T18:04:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>hors_sommaire</dc:subject>

		<description>Nando et Jacopo. Ils vivent dans la zone de Marassi, pas très loin du stade de la Sampdoria, un quartier populaire comme on dit, pauvre comme on ne dit pas. Ce sont deux communistes dans la force de l'âge, bon pied bon &#339;il. Nando porte, sous le bras gauche, l'édition du jour - le 19 juillet - de Liberazione, le quotidien de Rifondazione comunista. Ils sont venus dans les ruelles du centre historique voir si les choses avaient changé. Et ils remontent pour gagner la place étroite où la première (...)

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&lt;a href="http://peripheries.net/mot25.html" rel="tag"&gt;hors_sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_620 spip_documents' style='width: 480px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova1.jpg' width='480' height='640' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Nando et Jacopo remontent vers la manifestation des sans-papiers, photo de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nando et Jacopo. &lt;/strong&gt;Ils vivent dans la zone de Marassi, pas très loin du stade de la Sampdoria, un quartier populaire comme on dit, pauvre comme on ne dit pas. Ce sont deux communistes dans la force de l'âge, bon pied bon &#339;il. Nando porte, sous le bras gauche, l'édition du jour - le 19 juillet - de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Liberazione&lt;/i&gt;, le quotidien de Rifondazione comunista. Ils sont venus dans les ruelles du centre historique voir si les choses avaient changé. Et ils remontent pour gagner la place étroite où la première manifestation, organisée par le Genoa Social Forum, pour la libre circulation et « pour les migrants », doit partir. Nando et Jacopo agitent les bras vers le centre historique : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En fermant la zone rouge, on a expulsé tous les sans-papiers du centre historique et ils ne pourront pas rentrer chez eux sans payer des loyers exorbitants&lt;/i&gt; », expliquent-ils en ch&#339;ur. Plus loin, après un café avalé ensemble dans le tohu-bohu d'un bar pour jeunes étudiants en architecture, Jacopo dira que son père est mort à Rome un mois plus tôt, que, malade depuis des années, il était veillé et soigné par une jeune fille polonaise, et qu'aujourd'hui, elle ne voulait pas regagner l'Est, mais qu'elle risquait bien de plus avoir le permis. Pas de compassion lointaine chez Jacopo : il manifeste aujourd'hui pour les droits de cette petite Polonaise inconnue. Nando, de son côté, raconte comment, quand il était petit pendant la Guerre, il crachait sur les Allemands.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Heil Berluska ! &lt;/strong&gt;Le petit M. M. a perdu son portefeuille vendredi 20. Il peut toujours tenter de le récupérer auprès des journalistes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Carta&lt;/i&gt;. Il retrouvera ainsi sa carte d'élève à l'école turinoise de gendarmerie et sa photo préférée de Benito Mussolini.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-5.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_621 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-5.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_622 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-5.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_623 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova5-5.jpg' width='120' height='160' style='border-width: 0px; width:120px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_624 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;« &lt;i&gt;Fermé pour cause de G8&lt;/i&gt; »&lt;/strong&gt;. &lt;/strong&gt;Voici quelques indications sur ce qui ne se visite pas pendant cette période.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; La &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Via San Lorenzo :&lt;/strong&gt; elle coupa la vieille ville, à la moitié du XIXe siècle, afin de rendre plus commode la circulation du port vers l'est. Ces jours-ci, axe central de la zone rouge (qui se poursuit sur les côtés de la Via XX Settembre), elle scinde en deux toute la ville moderne pour assurer le bon déroulement du G8 et la rogne globale de tous ceux qui en sont exclus. Récemment, elle a fait l'objet d'une restauration totale qui, malgré quelques choix discutables, a restitué à tous une des plus belles rues de la ville, rendue piétonne qui plus est. Devant aujourd'hui ne pas la parcourir, il est préférable de ne pas la parcourir de la mer aux hauteurs plutôt que dans le sens contraire : de cette manière, on peut s'énerver beaucoup plus en imaginant qu'on ne jouit pas de la séquence de scènes surprenantes qui se déroulent pas à pas quand on monte, et qui sont moins spectaculaires quand on descend. &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://peripheries.net/puce.gif' alt='-' /&gt; La &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Via di Canneto il Curto&lt;/strong&gt; : un des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;carrugi&lt;/i&gt; [les ruelles étroites en ligure] principaux, parallèle à l'arc portuaire qui, du noyau urbain des origines, sur la droite, file vers la gauche vers la plaine padane ou la France, en changeant tout le temps de noms (parmi ces noms, il y a Via del Campo, chantée par Fabrizio de André). Des deux côtés, après quelques mètres, Canneto sort de la « zone rouge », devenant ainsi accessible à tous et partant, dans un dédale de ruelles, à la découverte de merveilles, comme par exemple, sur la droite, Santa Maria di Castello, San Cosimo, San Donato et une myriade de placettes et de palais nobiliaires, ou, sur la gauche, d'autres demeures patriciennes et des églises comme Santa Maria delle Vigne, San Luca, San Siro, jusqu'à la monumentale et somptueuse Strada Nuova du XVIe siècle (aujourd'hui Via Garibaldi) et de la Via Balbi du XVIIe siècle. N'oubliez pas de monter (à pied, en autobus, ou mieux encore s'il fonctionne, avec l'ascenseur de la Piazza Portello) jusqu'au Belvédère de Castelletto : il y a un panorama à vous couper le souffle sur toute la vieille ville (au moins, avec les yeux, on a encore le droit de l'englober toute). La fonction première de Canetto - relier tous les quartiers de Gênes - est suspendue pour le moment. Comme si pour aller de Rome à Ostie, plutôt que de prendre la Via del Mare, on devait passer par Milan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Miniguide rapide de la Ville Interdite (II)&lt;/strong&gt;, édité par le Forum permanent des associations et des citoyens du « Centre historique » de Gênes, reçu le 14 juillet, sur le Campetto.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova6-4.jpg' width='300' height='241' style='float: left; border-width: 0px; width:300px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_625 spip_documents spip_documents_left' /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'art humanitaire.&lt;/strong&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En date du 19 juillet 2001 sur la plage publique de Punta Vagno dans la ville de Gênes, aura lieu la performance : Garlic for peace. La phase préliminaire est prévue à 11 heures dans le lido d'Albaro, avec le débarquement d'un pneumatique rempli de sacs d'ail qui seront triés par les personnes chargées de la distribution. De là, ils les transporteront dans des carioles aux différents points d'accès à la zone rouge. Pendant trois jours, ces chargés de mission distribueront gratuitement l'ail aux habitants de la zone rouge qui passeront les check points. La performance s'achèvera le 22 juillet 2001. Il faut considérer la performance comme une action humanitaire symbolique qui a pour but de donner du souffle à la population de la zone rouge, otage de la situation créée à cause du G8. Cette performance a été conçue parce que nous avons pris connaissance de la rumeur qui veut qu'à l'occasion du G8, il sera impossible de consommer, de trouver, d'acheter de l'ail de n'importe quelle sorte, cuit, cru, frais ou déshydraté, seul ou à l'intérieur d'un plat comestible. La première conséquence de cette rumeur, c'est la tendance à l'accaparement, à la confiscation et à la raréfaction d'une des modalités essentielles d'appartenance à la ville : le pesto sous toute ses formes. Tous ceux qui veulent participer à cette performance peuvent, en signe de solidarité avec les habitants de la zone rouge, apporter à Gênes une tête d'ail et diffuser auprès des proches la nouvelle, devenant ainsi l'auteur, parmi d'autres, d'une des premières performances de l'Humanitarian Art.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Communiqué de presse &lt;/strong&gt;du groupe artistique Ferrario Frères le 15 juillet.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova7-4.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_626 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova8-4.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_627 spip_documents' /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le campetto, le Rete contro il G8 met des linceuls noirs, photo de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Horreur : de l'ail !&lt;/strong&gt; Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Corriere della Sera &lt;/i&gt;du 13 juillet détaille les différents menus des maîtres du monde. De la cuisine allégée, et les chefs ligures ont été priés d'écarter les saveurs « trop fortes » : ainsi, le pesto génois, fruit du mariage du basilic, de l'ail, des pignons et du parmesan, est irrévocablement banni et remplacé par une sauce au basilic.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article299.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A suivre&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;Trallalà, trallalà,
&lt;br /&gt;polyphonies
&lt;br /&gt;génoises (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article301.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;10/12&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La révolte des boxers - Fuori, fuori</title>
		<link>http://peripheries.net/article299.html</link>
		<dc:date>2006-11-21T17:46:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

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		<description>Olè ! (I - le matamore parade). « J'écris avec les crampes d'estomac que nous avons tous, que vous avez tous éprouvées en voyant à la télévision ce qui se passait à Gênes. Et en voyant à terre ce pauvre mort, la tête en bouillie, baignant dans une mare de sang. Nous sentons tous une douleur profonde, une angoisse glacée et effarée. Mais aussi une rage civile, une indignation sans faille contre ceux qui ont voulu, ont favorisé, ont flirté, ont déterminé cette saleté, cette horreur, ce carnage calculé, prévu, et cette mort vraiment (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Olè !&lt;/strong&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;(I - le matamore parade)&lt;/strong&gt;. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;J'écris avec les crampes d'estomac que nous avons tous, que vous avez tous éprouvées en voyant à la télévision ce qui se passait à Gênes. Et en voyant à terre ce pauvre mort, la tête en bouillie, baignant dans une mare de sang. Nous sentons tous une douleur profonde, une angoisse glacée et effarée. Mais aussi une rage civile, une indignation sans faille contre ceux qui ont voulu, ont favorisé, ont flirté, ont déterminé cette saleté, cette horreur, ce carnage calculé, prévu, et cette mort vraiment annoncée. Ils ont tellement cherché le mort qu'à la fin, ils l'ont trouvé. Qui ? Les &#8220;Black Blocks&#8221; qui agissaient comme des groupes armés ? Mais non, regardons la réalité en face : la vérité politique, la vérité morale de cette honte. Et la vérité, c'est qu'aujourd'hui en Europe, on a élevé une pauvre génération de jeunes génétiquement modifiés, trompés et dégradés, auxquels il a été donné exactement ce que leurs pères aux manettes des gouvernements de centre-gauche européens ont perfidement enseigné ces dernières années. C'est-à-dire : que la démocratie occidentale est le mal, cause des souffrances du monde. Et que les leaders des démocraties n'ont pas de légitimité, que ceux qui utilisent et programment la violence incarnent le bien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_615 spip_documents' style='width: 470px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-4.jpg' width='470' height='326' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;« Ainsi le peuple de Seattle a obtenu son martyr », la Une du &lt;i&gt;Giornale&lt;/i&gt;, berlusconien, au lendemain de la mort de Carlo Giuliani, le 21 juillet 2001&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a beaucoup de manières d'interpréter ce qui est arrivé hier et ce qui arrivera aujourd'hui et demain. La première, on vient de le dire, c'est l'aspect de politique générale, on voudrait dire globale, dont nos Démocrates de gauche &lt;/i&gt;[DS, ex-PCI]&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; représentent un parfait exemple, bifide et ambigu, avec deux âmes, deux vérités, deux langues : une pour les palais, quand ils sont aux commandes des bombardiers, quand ils sont au gouvernement ; et l'autre pour la rue, avec les Black Blocks, avec les centres sociaux, avec les anarchistes allemands, anglais et grecs, quand ils sont dans l'opposition. Mais ceci ne concerne pas que nos Démocrates de gauche : nous nous trouvons en face de toute une classe dirigeante européenne bifide et ambiguë. Comme l'expliquait hier le &lt;/i&gt;Wall Street Journal&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;, le Premier ministre français Lionel Jospin est entré au parti socialiste et y a fait carrière, tout en demeurant communiste trotskiste ; le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a commencé sa carrière politique en abattant, avec des coups de pied, son premier policier lors de troubles semblables à ceux d'hier. Joschka Fischer faisait partie des Black Blocks allemands qui s'appelaient &lt;/i&gt;Putzgruppen.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, disons-nous la vérité : ce qui s'est passé hier dans les rues génoises est le reflet de ce qu'on trouve dans les c&#339;urs de certains gouvernants européens. Donc arrêtons de pointer exclusivement &#8220;l'extrémisme&#8221; anarcho-insurrectionnel comme coupable de ce qui vient arriver et de ce qui peut se reproduire. Puisque tout le monde savait ce qui était en train de bouillir dans la casserole, nous devons dire aujourd'hui que chaque participant à n'importe quel titre, présent dans les manifestations de rue, a été ambigu dans le meilleur des cas, et criminel dans le pire.&lt;/i&gt; »
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Paolo Guzzanti, éditorialiste du Giornale &lt;/strong&gt;- titre appartenant à Paolo Berlusconi, frère de Silvio -, le 21 juillet.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-4.jpg' width='400' height='533' style='border-width: 0px; width:400px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_616 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Hindouisme. &lt;/strong&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vendredi, alors que le cortège des Tute Bianche remontait vers son campement, j'ai vu deux très jeunes filles, très calmes, qui marchaient lentement et qui parlaient de l'hindouisme&lt;/i&gt;, raconte Dario Rossi, médecin volontaire sur le Genoa Social Forum, en marge d'une assemblée générale, le 23 juillet. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De l'hindouisme, pensez bien au danger que cela représente pour le G8 ! A l'improviste, les policiers sont arrivés. Une des deux filles s'est échappée. L'autre n'a pas réussi à s'enfuir. Les policiers l'ont matraquée, lui ont donné des coups de pieds dans le ventre. Elle s'est relevée et a fui, mais elle a été rattrapée et jetée par terre. Et là, les policiers l'ont frappée de nouveau à la tête, au visage, aux bras, au ventre et aux côtes. Elle a filé et nous l'avons rejointe pour la soigner. Elle était prise de panique et elle refusait que qui que ce soit la touche, elle pleurait. Nous lui avons fait quatorze points de suture. Sur son crâne ensanglanté, on voyait l'os. Samedi après-midi, trois filles s'étaient assises sur un petit mur pour discuter. La police est arrivée et a, sans prévenir, fait tomber les personnes dans une cour intérieure, trois mètres plus bas. Elles souffrent de fractures multiples aux bras et aux jambes. Vous en voulez encore ? Deux médecins et deux infirmières, tout à fait identifiables comme tels, ont été assaillis de coups de pied, alors qu'ils soignaient un blessé sur le bord de la route. La police a démoli la vitre d'une de nos camionnettes blanches avec une croix rouge, avant de tirer à l'intérieur des lacrymogènes.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Don Gallo. &lt;/strong&gt;Il cite volontiers les discours d'un des commandants sandinistes - Tomás Borge Martinez -, fume, dans les églises, des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;toscani&lt;/i&gt;, ces bâtons - un brin tordus - de chaises de bébé qui puent la rage, prend la parole pendant les concerts de Manu Chao, et il serait religieux ? Sans blague ? Non : à Gênes, un autre curé est possible. Don Andrea Gallo, fondateur d'une communauté d'accueil pour gamins fracassés par la drogue, ne s'en tient pas là.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_617 spip_documents' style='width: 470px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-4.jpg' width='470' height='353' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Dans l'église de la Santissima Trinità, chez Don Gallo, prière de la Coordination des communautés d'accueil, photo de Thomas Lemahieu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Moi, je lis les journaux&lt;/i&gt;, explique-t-il devant les 300 fidèles rassemblés vendredi 13 juillet dans l'église de la Santissima Trinità à l'initiative de la Coordination italienne des communautés chrétiennes d'accueil. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Et je vois que les maîtres du monde qui vont se rencontrer dans notre ville, ce ne sont pas des saints. Chirac a quelques soucis avec la justice. Poutine, aussi. Silvio Berlusconi, n'en parlons même pas ! Ils me font penser à des voleurs de poules qui, non contents de piquer notre nourriture, nous prennent la clé du poulailler et se cadenassent à l'intérieur. Pour nous, la vie du dernier des clochards vaut au moins autant que celle de George W. Bush. Celui qui s'aventure à dire le contraire, dit le contraire de la Bible. Nous voulons la justice tout de suite, et pas dans l'au-delà. Je ne vois pas de quel droit on nous empêcherait de protester, nous qui représentons les damnés de la terre, les plus vulnérables d'entre tous.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;div class='spip_document_618 spip_documents' style='width: 250px;'&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova5-4.jpg' width='250' height='201' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPG)&quot; /&gt;&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;La révolte des boxers, une publicité dans &lt;i&gt;Liberazione&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La révolte des boxers.&lt;/strong&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le linge sale, c'est celui du G8. Le nôtre est propre et il se sèche au soleil. Berlusconi ordonne aux Génois de ne pas pendre leurs culottes à l'extérieur, cela dérange les huit Grands réunis pour le G8. Nous invitons la population de Gênes à la journée de désobéissance civile : transformez vos fenêtres en blanchisserie !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Dehors les caleçons, dehors les provocateurs. &lt;/strong&gt;En deux jours, le sens du mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fuori&lt;/i&gt; -&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dehors&lt;/i&gt;- a basculé du bonheur à la tension. Jeudi 19, les manifestants chantaient &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fuori, fuori, fuori le mutande&lt;/i&gt; - « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sortez les caleçons&lt;/i&gt; » - à l'intention des habitants de la ville. Samedi 21, le cri &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fuori&lt;/i&gt; éclate au sein des cortèges pour en expulser les provocateurs, les casseurs, tous les petits soldats. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fuori, fuori&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova6-3.jpg' width='470' height='353' style='border-width: 0px; width:470px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_619 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Olè ! (II - le matamore tue). &lt;/strong&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Regardez-moi ce désastre ! Tous ces manifestants sont dangereux. Ils sont drogués et ils détruisent tout. Il faudrait les mettre tous au trou.&lt;/i&gt; » Fuori, fuori...
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Emilio Fede, présentateur du TG4 &lt;/strong&gt;sur Retequattro (groupe Mediaset, propriété de Silvio Berlusconi), le 20 juillet.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article298.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A suivre&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;Trallalà, trallalà,
&lt;br /&gt;polyphonies
&lt;br /&gt;génoises (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article300.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;9/12&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>« Nous vivons pour écraser les rois »</title>
		<link>http://peripheries.net/article298.html</link>
		<dc:date>2006-11-20T21:58:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

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		<description>Plus de soirées-télé pour le président de la République italienne. « Ce sont deux grands-parents comme plein d'autres, qui passent leur soirées devant la télé. Carlo Azeglio [le président italien] et Franca Ciampi ont suivi ces dernières semaines les émissions diffusées sur toutes les chaînes à propos du cas &#8220;Gênes&#8221;. Et c'est elle qui, à la vue des reportages les plus poignants et explicites, a vraiment expliqué à son mari qu'il serait nécessaire de faire une paire de sorties publiques sur la question. La first (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-3.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_609 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-3.jpg' width='240' height='180' style='border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_610 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plus de soirées-télé pour le président de la République italienne.&lt;/strong&gt; « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sont deux grands-parents comme plein d'autres, qui passent leur soirées devant la télé. Carlo Azeglio &lt;/i&gt;[le président italien]&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; et Franca Ciampi ont suivi ces dernières semaines les émissions diffusées sur toutes les chaînes à propos du cas &#8220;Gênes&#8221;. Et c'est elle qui, à la vue des reportages les plus poignants et explicites, a vraiment expliqué à son mari qu'il serait nécessaire de faire une paire de sorties publiques sur la question. La &lt;/i&gt;first lady&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; a par exemple été très remuée par les paroles apaisantes prononcées par Giuliano Giuliani, le père du jeune homme tombé sous les projectiles d'un carabinier. Et elle a été perturbée par les témoignages des rescapés de l'assaut à l'école Diaz et des tortures de la caserne de Bolzaneto. Somme toute, ces images télévisées et les commentaires de Dame Franca sur ceux qui ont vraiment été &#8220;victimes&#8221; des violents à Gênes, ont bien plus compté, aux yeux du Président de la République, que la pression des politiques.&lt;/i&gt; »
&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Brève &lt;/strong&gt;publiée dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il Corriere della Sera&lt;/i&gt; le 10 août&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-3.jpg' width='236' height='342' style='float: left; border-width: 0px; width:236px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_611 spip_documents spip_documents_left' /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Plus de Shakespeare pour les flics.&lt;/strong&gt; Cinq gamins, militants d'un centre social occupé de Turin, descendent en voiture sur Gênes, à quelques jours de l'ouverture du G8. Dans leur coffre, des bricoles et une énorme banderole sur laquelle les flics qui viennent de les arrêter lisent : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous vivons pour écraser les rois&lt;/i&gt; ». C'est du joli. Un vers librement traité d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Henri IV &lt;/i&gt;de Shakespeare, expliquent-ils. Les cinq petits malins sont arrêtés, mis à l'ombre quelques heures, interdits de séjour à Gênes pendant le G8. Et condamnés à regarder, samedi 21 juillet, à 06h45 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La maison des garde-forestiers&lt;/i&gt; (téléfilm) sur Rai Uno, à 07h30 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Stéphanie&lt;/i&gt; (téléfilm) sur Rete Quattro, à 08h25 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Papyrus et les mystères du Nil&lt;/i&gt; (dessins animés) sur Italia Uno, à 09h30 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Commissaire Cordier&lt;/i&gt; (téléfilm) sur Rete Quattro, à 10h10 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Détective Extralarge&lt;/i&gt; (film TV) sur Italia Uno, à 12h15 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Attention à ces trois-là&lt;/i&gt; (téléfilm) sur Rai Due, à 13h40 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin seuls&lt;/i&gt; (téléfilm) sur Canale Cinque, à 14h10 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cette maison n'est pas un hôtel&lt;/i&gt; (téléfilm) toujours sur Canale Cinque, à 16h00 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bim Boum Bam &lt;/i&gt;(émission pour les enfants) sur Italia Uno, à 17h00 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Y a un truc&lt;/i&gt; (variétés) sur Rete Quattro, à 18h20 le championnat du monde de motocyclisme sur Rai Tre, à 19h35 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hunter &lt;/i&gt;(téléfilm) sur Rete Quattro, à 20h15 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Happy Days&lt;/i&gt; (téléfilm) sur Italia Uno, à 20h40 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Recommande-toi&lt;/i&gt; (variétés) sur Rai Uno, à 23h25 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le charme discret de la bourgeoisie &lt;/i&gt;(un vieux film où il n'y a même pas d'effets spéciaux) sur Rai Uno. Les rois vivent pour nous écraser.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova5-3.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_612 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Au théâtre ce soir. &lt;/strong&gt;Certains font feu de tout bois, ramassent des bouteilles de plastique vides, des restes de mousse, des morceaux de carton et se les enfilent sous les vêtements, d'autres portent des objets trois fois plus gros qu'eux. Tout en haut des gradins du stade Carlini où sont rassemblés les désobéissants, on ne voit que des fourmis bariolées. Rouges, jaunes, noires, blanches, de bric et de broc, mi-homme, mi-femme, mi-insecte, mi-robocop de pacotille. L'« étrange caravane rebelle », comme dit Luca Casarini, porte-parole des Tute Bianche qui abandonnent, pour l'occasion, leurs combinaisons blanches, commence à s'ébrouer dans le désordre. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes imprévisibles parce qu'ils ne nous comprennent pas&lt;/i&gt;, énonce un militant zapatiste dans le mégaphone.&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Avec nos boucliers en plexiglas, nous menons une action collective. Nous ne sommes pas des individus isolés, nous sommes une multitude en marche et nos actions sont le fruit de nos richesses individuelles mises en commun.&lt;/i&gt; » Tout est dans tout et nous sommes tous des ........... [compléter selon la circonstance].
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova7-3.jpg' width='240' height='180' style='float: right; border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_613 spip_documents spip_documents_right' /&gt;Sur son casque, un activiste a collé un slogan détournant un vieil adage guévariste : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marcos somos todos&lt;/i&gt; ». Une poignée de blouses blanches, des vraies qui travaillent dans un hôpital, observent les Tute Bianche descendant le long de la voie ferrée vers les abords de la gare de Brignole. A l'assaut de la zone rouge, sans armes, avec des protections et rien d'autre, dans un geste théâtral. Plus bas, une voiture brûle et les photographes se précipitent pour immortaliser l'événement. Plus bas encore, quelques centaines de « noirs » - en fait, tout sauf « noirs », mais bien affublés de tee-shirts multicolores et cagoulés - patientent en attendant l'arrivée des désobéissants. Encore et encore plus bas, des bataillons entiers de gendarmes patientent en attendant l'arrivée des désobéissants. Entre les « noirs » et les gendarmes, rien qu'une centaine de mètres, mais rien ne se passe. Arrivent les désobéissants. Un Vénitien costaud, militant des Tute Bianche, attrape un type muni d'un bâton. Il s'en empare et le jette violemment à terre. L'autre n'aime pas et le saisit au col. Le Vénitien le bouscule. L'autre lui envoie son poing dans la figure. Dans la confusion, les gendarmes chargent et tirent des grenades lacrymogènes à hauteur d'homme. Cinq minutes plus tard, dans la rue désertée, les boucliers collectifs des Tute Bianche taillent petit à petit des angles dans le brouillard étouffant. Il n'y a plus personne derrière. Dans la scénographie des Tute Bianche, les forces armées italiennes ont refusé de dire leur texte ; elles n'aiment pas le théâtre, elles ne veulent que du sang et des tripes.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova8-3.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_614 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sans c&#339;ur.&lt;/strong&gt; Plantés en vitesse sur les ordres de Silvio Berlusconi le long du port de Gênes, les palmiers égyptiens ont les palmes encore nouées, tournées vers le ciel, ligotées, l'air très con. Tu libères les palmes, elles tombent ; tu les laisses attachées, tu fais nouveau riche qui vient de se payer une palmeraie en kit sur catalogue. Le président du Conseil italien aurait dû demander conseil aux jardiniers de ses villas et de ses châteaux. Ils savent, eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article297.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A suivre&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;Trallalà, trallalà,
&lt;br /&gt;polyphonies
&lt;br /&gt;génoises (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article299.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;8/12&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>« Une répression calmement planifiée dans un bureau »</title>
		<link>http://peripheries.net/article297.html</link>
		<dc:date>2006-11-20T21:51:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Lemahieu</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>hors_sommaire</dc:subject>

		<description>The « Barilla Blue Night - Pasta Party ». « You're American ? », s'enquiert le gamin. Le journaliste opine du chef. « And you want to taste the true Italian pasta ? Come tonight ! We'll eat and dance. » « Une soirée consacrée au plat national italien, pimentée par les musiques typiques des pays participants au sommet », promet le programme aux journalistes. Et c'est vrai : un orchestre pédale dans le minestrone, une musique légère des ascenseurs de Tokyo, Ottawa, Paris, Berlin, Bruxelles, Washington, Rome, (...)

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&lt;a href="http://peripheries.net/rubrique7.html" rel="category"&gt;Incursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://peripheries.net/mot25.html" rel="tag"&gt;hors_sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova2-2.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_602 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;The « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Barilla Blue Night - Pasta Party&lt;/i&gt; ».&lt;/strong&gt; « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;You're American ?&lt;/i&gt; », s'enquiert le gamin. Le journaliste opine du chef. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;And you want to taste the true Italian pasta ? Come tonight ! We'll eat and dance.&lt;/i&gt; » « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une soirée consacrée au plat national italien, pimentée par les musiques typiques des pays participants au sommet&lt;/i&gt; », promet le programme aux journalistes. Et c'est vrai : un orchestre pédale dans le minestrone, une musique légère des ascenseurs de Tokyo, Ottawa, Paris, Berlin, Bruxelles, Washington, Rome, Moscou et Londres, pendant qu'une centaine de grands gaillards - que des hommes - bâfrent. A quelques kilomètres de là, sur les hauteurs, dans les écoles Diaz et Pertini, au siège du Genoa Social Forum, une autre party se prépare. Des centaines d'hommes, déguisés en policiers et en gendarmes, claquent les matraques sur leurs boucliers. Ce sont des vampires, et ils viennent pour le bal.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A quoi sert la culture ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;« Nous avons travaillé
&lt;br /&gt;comme dans un hôpital de fortune
&lt;br /&gt;après la bataille.
&lt;br /&gt;C'était comme si
&lt;br /&gt;une bombe venait d'exploser.
&lt;br /&gt;A un certain point,
&lt;br /&gt;nous avons épuisé
&lt;br /&gt;notre provision d'attelles
&lt;br /&gt;et nous avons dû improviser.
&lt;br /&gt;On a utilisé les couvertures rigides
&lt;br /&gt;des manuels scolaires
&lt;br /&gt;qu'on a trouvés dans l'école
&lt;br /&gt;pour immobiliser les os fracturés. »
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Témoignage de Paolo Cremonesi&lt;/strong&gt;,
&lt;br /&gt;médecin-chef à l'hôpital de Voltri
qui a coordonné les premiers secours
&lt;br /&gt;après le « blitz » dans les écoles du Genoa Social Forum,
&lt;br /&gt;recueilli par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Repubblica&lt;/i&gt;, le 31 juillet.&lt;/small&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova3-2.jpg' width='160' height='213' style='border-width: 0px; width:160px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_603 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova4-2.jpg' width='160' height='213' style='border-width: 0px; width:160px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_604 spip_documents' /&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova5-2.jpg' width='160' height='213' style='border-width: 0px; width:160px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_605 spip_documents' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'avocat à la gueule cassée. &lt;/strong&gt;Il est jeune, il vient des Pouilles, dans le sud de l'Italie, il est avocat et il était à Gênes lors des manifestations contre le G8. Volontaire pour prêter ses services juridiques au Genoa Social Forum, observateur pacifique et engagé. Et il a fini sur le front de mer, couché sur le dos, les jambes en l'air, torse et visage écarlates, rouges de sang. Il s'appelle Stefano Palmisano ; il a fait la Une de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Liberazione&lt;/i&gt; et de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanité&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- Si cela n'est pas trop pénible, pourriez-vous nous raconter ce qui vous est arrivé à Gênes la semaine dernière ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova6-2.jpg' width='240' height='315' style='float: right; border-width: 0px; width:240px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_606 spip_documents spip_documents_right' /&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Stefano Palmisano. &lt;/strong&gt;Il était à peu près 16 heures. Je me trouvais sur le bord de mer, à Punta Vagno, où se sont déroulées toutes les rencontres du Genoa Social Forum. Le cortège était absolument pacifique. Il y avait plein de femmes et de personnes âgées. Pas la moindre trace de Black Blocks parmi nous. Non seulement elle n'avait aucune intention belliqueuse, cette foule, mais elle n'était même pas capable d'opposer une quelconque résistance. A un moment, la police a commencé à nous tirer dessus une impressionnante quantité de grenades lacrymogènes. Même les hélicoptères qui volaient à basse altitude ont commencé à lâcher du gaz lacrymogène au-dessus de nos têtes. L'air était âcre. On ne voyait plus rien et beaucoup de manifestants n'arrivaient même plus à respirer. Et puis une charge très violente a été déclenchée. Un véhicule blindé fonçait comme un fou sur le trottoir. Les gens étaient terrorisés. Beaucoup pleuraient comme des gamins. Certains fuyaient dans toutes les directions pour échapper à la furie des agents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- En tant qu'avocat, avez-vous essayé d'intervenir auprès de celui qui commandait cette charge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;S. P.&lt;/strong&gt; Oui, c'est ce que j'ai fait. J'ai remonté le cortège pour m'approcher de l'endroit où était concentré le gros des troupes policières. Du reste, je portais un autocollant, bien visible, sur lequel on pouvait lire que j'étais avocat. Quand je suis arrivé à la hauteur du mur visible sur la photo, un troupeau de taureaux en uniforme s'est rué sur moi. Ils m'ont tapé comme des malades. Je ne me souviens pas combien de coups j'ai dû encaisser. Ils ne disaient rien. Ils me rouaient de coups mécaniquement, comme s'ils avaient été hypnotisés. Ils m'ont pulvérisé du liquide urticant sur le visage. A un moment, je suis tombé par terre, mais je n'ai pas perdu connaissance. J'avais vraiment très très peur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- Après le tabassage, ils vous ont arrêté ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;S. P. &lt;/strong&gt;Par chance, non. Une ambulance m'a emmené à l'hôpital San Martino. Là, les médecins ont diagnostiqué un fort traumatisme crânien et ils m'ont fait dix points de suture à la tête. Même si c'était une maigre consolation, j'étais content de voir le personnel des urgences solidaire des manifestants tabassés par la police.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- D'après vous, pourquoi les forces de l'ordre se sont-elles déchaînées contre les personnes les plus désarmées ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;S. P.&lt;/strong&gt; Plutôt que de « forces de l'ordre », je parlerais de « bandits en uniforme ». J'ai lu dans certains journaux que ces policiers auraient été dépassés par la nervosité accumulée pendant les jours précédents. Il n'y a rien de plus faux. Ce que nous avons vu à l'&#339;uvre à Gênes, c'était une répression calmement planifiée dans un bureau et qui contenait un message précis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- Lequel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;S. P.&lt;/strong&gt; C'est une intimidation à l'empreinte fasciste qui veut dire au mouvement : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Restez chez vous, ne descendez pas dans la rue, c'est dangereux.&lt;/i&gt; » J'ajoute qu'en s'en prenant aux journalistes et aux avocats, les différents corps de police ont voulu frapper la liberté d'information et la défense des droits constitutionnels élémentaires. D'ailleurs, Silvio Berlusconi et Claudio Scajola [ministre italien de l'Intérieur, Forza Italia] ont tout de suite revendiqué ces tabassages au Parlement. Le sens de toute cette opération est véritablement sans équivoques.
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Entretien avec Stefano Palmisano&lt;/strong&gt;, propos recueillis par Daniele Zaccaria, publié dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Liberazione &lt;/i&gt;et, en français, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanité&lt;/i&gt; le 1er août.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova7-2.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_607 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une prière pour le G8.&lt;/strong&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Où es-tu, Dieu ? Pourquoi t'es-tu caché ? L'humanité s'est éloignée de toi. La mort, la faim, le sang se sont emparés de la terre. Toi qui as conçu la mer, le ciel et l'univers pour le bonheur de tes créatures, toi qui as imprimé dans le c&#339;ur de chaque créature le respect et la bienveillance, tu es oublié, tu es méprisé. Où es-tu, Dieu ? Pourquoi t'es-tu caché ? Les puissants de la terre sont toujours plus arrogants et superbes : ils n'ont pas peur de toi, ils n'ont peur de personne. Ils défient l'univers, le méprisent, ils affament en refusant d'être ennuyés, ils s'enrichissent en s'appropriant toutes les ressources. Gloutons et avides, ils ne pensent qu'à eux et à leur bien-être. Où es-tu, Dieu ? Pourquoi t'es-tu caché ?&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;small&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Prière de la Coordination nationale des communautés d'accueil (extraits)&lt;/strong&gt;, prononcée, face contre terre, par quelques centaines de fidèles, vendredi 13 juillet, dans l'Eglise de la Santissima Trinità.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/genova8-2.jpg' width='480' height='360' style='border-width: 0px; width:480px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_608 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vacances.&lt;/strong&gt; Fin juillet, on dénombre quelques disparus depuis quelques jours, et pour quelques jours encore. A la télévision, le ministre italien des affaires étrangères dit que s'ils ont disparu, c'est parce qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ils sont allés à la mer&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article45.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Page précédente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A suivre&lt;/strong&gt; :
&lt;br /&gt;Trallalà, trallalà,
&lt;br /&gt;polyphonies
&lt;br /&gt;génoises (&lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article298.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;7/12&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Carnet d'exposition</title>
		<link>http://peripheries.net/article296.html</link>
		<dc:date>2006-11-20T18:09:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mona Chollet</dc:creator>

		<category domain="http://peripheries.net/rubrique7.html">Incursions</category>

		<dc:subject>hors_sommaire</dc:subject>

		<description>Suivez le guide &lt;br /&gt;Un journaliste c'est quoi ? &lt;br /&gt;Gatti a rencontré Pierre Joffroy après la guerre, alors qu'il s'apprêtait à devenir journaliste et que Joffroy l'était déjà. Ils ont continué à travailler ensemble à des livres, des scénarios. Quant à Marc Kravetz, il a réalisé pour Libération une série de longs entretiens avec Gatti, série qui allait donner lieu à un livre resté une référence : La Parole Errante. Dans sa pièce Le Joint, dont est extrait le dialogue suivant, Gatti leur a fait jouer à tous deux leur propre rôle. &lt;br /&gt;« - (...)


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&lt;a href="http://peripheries.net/rubrique7.html" rel="category"&gt;Incursions&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Suivez le guide&lt;/h3&gt;
&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/donqui1-2.jpg' width='475' height='673' style='border-width: 0px; width:475px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_589 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un journaliste c'est quoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/donqui2-2.jpg' width='475' height='356' style='border-width: 0px; width:475px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_590 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gatti a rencontré Pierre Joffroy après la guerre, alors qu'il s'apprêtait à devenir journaliste et que Joffroy l'était déjà. Ils ont continué à travailler ensemble à des livres, des scénarios. Quant à Marc Kravetz, il a réalisé pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libération&lt;/i&gt; une série de longs entretiens avec Gatti, série qui allait donner lieu à un livre resté une référence : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Parole Errante&lt;/i&gt;. Dans sa pièce &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Joint&lt;/i&gt;, dont est extrait le dialogue suivant, Gatti leur a fait jouer à tous deux leur propre rôle.
&lt;br /&gt;« - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un journaliste c'est quoi ?&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- Pierre Joffroy : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C'est cette valise.&lt;/i&gt; »
&lt;br /&gt;(...)
&lt;br /&gt;- &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un journaliste c'est quoi ?&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Marc Kravetz :
&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Ce fauteuil.
&lt;br /&gt;- Pourquoi ?
&lt;br /&gt;- Parce que c'est dans un fauteuil que Karl Marx est mort. Je ne suis pas Karl Marx et je ne prévois pas pour l'instant de finir comme lui. Mais c'est tout de même d'un fauteuil que cet homme a remué son siècle et le nôtre, lancé des tracts, des manifestes, des brochures, des journaux. C'est cela mon journalisme, et c'est aussi un rapport très particulier à l'événement (le sentiment très fort que la réalité ne commence vraiment qu'avec l'écriture).&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Souvenir de Rogelia Cruz&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/donqui3-2.jpg' width='475' height='356' style='border-width: 0px; width:475px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_591 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rogelia Cruz fut la première reine de beauté guatémaltèque d'origine indienne. Quand on apprit son engagement dans la résistance à la dictature et pour la cause indigène, elle fut enlevée et suppliciée par les paramilitaires.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le mot chien aboie-t-il ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/br&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/donqui4-2.jpg' width='250' height='353' style='float: right; border-width: 0px; width:250px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_592 spip_documents spip_documents_right' /&gt;A Auschwitz, les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sonderkommandos&lt;/i&gt;, groupes de déportés chargés par les nazis du fonctionnement des crématoires, dissimulaient des rouleaux dans des bouteilles qu'on retrouvera dans les cendres des camps. « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Témoins des dernières heures de chacun des déportés gazés, ils en relatent les dernières paroles, narrent la vie du camp (ses tentatives de résistance et son ignominie) et disent l'abject de leur fonction.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'une de ces bouteilles se trouvait, tracée sur un morceau de papier, cette question : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le mot chien aboie-t-il ?&lt;/i&gt; » Cette question est aux yeux de Gatti - qui a découvert récemment qu'on l'attribuait à Spinoza - le plus grand écrit du siècle : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Elle ramasse dans l'horreur de son point d'émission une question cruciale de la modernité : le langage rend-il compte de la réalité ? Saigne-t-il, crie-t-il, hurle-t-il autant que le monde ? Est-il un langage pour dire la Shoah ?&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y eut un jour une tentative de révolte des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sonderkommandos&lt;/i&gt;. Quatre jeunes déportées - Alla Gartner, Roza Robota, Regina Sapir, Esther Wajszblum - volèrent et acheminèrent en cachette, par très petites quantités, la poudre qui devait servir à la mutinerie. Arrêtées, elles furent pendues quelques jours avant la libération du camp.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le jardin d'Auguste&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/donqui5-2.jpg' width='350' height='467' style='float: left; border-width: 0px; width:350px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_593 spip_documents spip_documents_left' /&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au fond du hangar, une porte s'ouvre sur le jardin. L'exposition s'y prolonge avec un hommage au &lt;/i&gt;« jardin d'Auguste »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;. Auguste est le père d'Armand Gatti, balayeur piémontais au bidonville du Tonkin, à Monaco, et anarchiste. Il s'était mis en tête de &lt;/i&gt;« faire sortir de terre pour son fils des éléments solides, concrets »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;. Il voulait lui donner une sorte d'&lt;/i&gt;« antiécole »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;, l'équivalent d'un livre qui pourrait lui apprendre sa propre histoire. Il lui a donc fait un jardin, dans un petit coin de terre entre les murs aveugles de deux maisons. &lt;/i&gt;« C'est à une classe de la jacinthe que tu devrais assister. Une classe de géographie ; avec la Syrie, la Mésopotamie, la lumière d'Orient. Malheureusement, elle ne peut pas parler car elle a une soeur blanche qu'on appelle la Romaine et qui, elle aussi, est prisonnière de Mussolini. Elle craint les représailles... Et puis le blanc, à Rome, ça veut dire le Pape. »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Auguste considérait comme &lt;/i&gt;« le comble de la perversion »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; l'habitude qu'avait sa femme de fleurir les églises,&lt;/i&gt; « les fleurs étant anarchistes par essence »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; : &lt;/i&gt;« Une fleur qui a reçu un coup d'encens, ce n'est plus une fleur, c'est une salope ! »&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/i&gt;Pendant toute une période, il s'est mis à faire des recherches sur les fleurs. Retrouver dans les légendes l'histoire, la provenance de telle ou telle afin d'en faire une hérétique et briser le moral de la mère.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;
&lt;img src='http://peripheries.net/IMG/jpg/donqui6-2.jpg' width='475' height='356' style='border-width: 0px; width:475px;' alt=&quot;(JPG)&quot; class='spip_document_594 spip_documents' /&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dernière bribe&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Timide comme une bougie
&lt;br /&gt;Brûler une dernière larme
&lt;br /&gt;Ténu comme une allumette
&lt;br /&gt;Provoquer une étincelle
&lt;br /&gt;Réduit à l'état de cadavre
&lt;br /&gt;Etre un feu follet
&lt;br /&gt;Pour chanter la plaine sauvage.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mona Chollet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Les Voyages de Don Quichotte » : &lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article295.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;« Le geste même de la résistance »&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A lire aussi&lt;/strong&gt; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Périphéries&lt;/i&gt; :
&lt;br /&gt;* &lt;a href=&quot;http://peripheries.net/article200.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Portrait d'Armand Gatti&lt;/a&gt; (novembre 1998).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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